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Vallée du KONGO: L'optique Américaine, l'imposture de la Belgique et l'interminable guerre asymétrique et lâche du Reich.

Une lecture éclairée de l'Histoire pour explorer les racines géopolitiques de la guerre inavouée menée depuis 1914 par l'Allemagne contre le KONGO.





Introduction


Il y a depuis Berlin 85, dans la région des Grands lacs, une guerre cachée et pourtant exposée à la vue de tous. Une guerre sans fin qui ne dit pas son nom et que personne ne veut voir. Comme toutes les guerres, elle est liée à la terre et elle a immanquablement une première victime: la vérité.


La crucifixion de la vérité dans cette guerre résulte principalement de l'usurpation commise par le régime belge d'occupation dit «Congo belge» qui, pour le compte de la Belgique, détourne et s'approprie illicitement, suite à une première imposture orchestrée par le sieur Léopold 2, les attributs et les prérogatives d'un État conçu et établi comme neutre et indépendant. Un État qui est supposé être celui du KONGO. Offrant ainsi un alibi au Reich germanique pour agresser le KONGO. Depuis 1914 dans une guerre asymétrique et lâche qui se déroule encore aujourd'hui à l'heure où nous couchons sur le papier digital ces lignes.


Et si cette guerre est cachée, c'est principalement à cause d'une lecture très complaisante que les Africains en particulier, mais le reste du monde aussi, font des événements qui ont eu lieu à Berlin entre 1884 et 1885. Ceux qui les ont précédés et ceux qui leur ont succédé.


Un détail de taille qui abrite le diable dans cette histoire et qui contribue à l'enfumage dans laquelle nous sombrons collectivement, c'est sans doute l'idée que l'on se fait déjà à la base de la Conférence dite de Berlin. Une conférence qui est présentée et perçue comme l'occasion où les puissances essentiellement occidentales se sont partagé l'Afrique.


La vérité est qu'à Berlin, personne n'a jamais entendu parler de la Conférence de... Berlin. La seule conférence connue qui s'y est déroulée entre 1884 et 1885 en relation avec les questions africaines, est la Conférence sur le KONGO... Die Kongokonferenz dans la langue de Goethe.


Et d'après l'Acte général des accords de Berlin, ce dont il y est formellement question entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885, pour l'essentiel, c'est du bassin du KONGO - Notez que le mot s'écrit avec la lettre K. À Berlin. - et du bassin du Niger. Suivez mon regard...


La lecture historique de colonisé dans laquelle se distingue le monde universitaire est entretenue à dessein. Notamment au travers d'un enseignement imposé par le système d'occupation coloniale et repris avec enchantement par les experts formatés par l'occupant colonial. Des experts qui n'ont jamais appris à lire les événements autrement que par les yeux de cet occupant. Parfois, pour certains, dans une déconcertante piété religieuse activement mise à contribution par ce processus de formatage dont l'Église, experte de la pensée dogmatique, fait une partie intégrante du dispositif.



Difficile dans ces conditions de faire le lien entre le KONGO, voire les Grands lacs, et la Grande guerre de 14-18, déclenchée par le deuxième Reich germanique. Celle de 40-45 déclenchée par le troisième. Et celle en cours depuis 1960 avec l'assassinat de Lumumba, ravivée en 1990 avec la neutralisation de Mobutu, et menée par le quatrième Reich qui est porté, au sens de Simon Heffer du Daily Mail, par l'Union européenne.




Les coulisses de Berlin.


Les événements qui entourent cette rencontre sont mieux décrits par Adam Hochild dans son ouvrage originellement publié en 1998, puis republié en 2006: Les Fantômes du roi Léopold.


À la lecture de Hochild, il apparaît clairement qu'une tension existe entre les puissances signataires de Berlin au sujet du bassin du KONGO. Parmi ces puissances aux prises, il y a essentiellement l'Allemagne, le Royaume Uni, la France et accessoirement le Portugal qui fait cause commune avec le Royaume Uni pour sécuriser ses intérêts. Toutes les quatre redoutant de voir le bassin du KONGO tomber sous la domination d'une rivale.


Contrairement à la perception générale, la présence de la Belgique parmi les puissances réunies est plus anecdotique qu'autre chose. La Belgique ne fait pas partie formellement de ces puissances. Pour le simple motif qu'à la base, elle n'en est pas une et qu'elle n'a à l'époque aucun intérêt dans ces assises. Car, au moment de la tenue de cette conférence, le parlement belge n'autorise pas Léopold à détenir des colonies ou à être souverain d'un autre État. Il est aussi intéressant de noter ce détail sémantique de taille. Un monarque belge n'est pas désigné comme roi de la Belgique, mais comme roi des Belges. Une distinction est faite entre la Couronne et l'État dont la terre, contrairement à d'autres monarques, n'appartient pas au monarque mais au peuple Belge. Les résultats engrangés à Berlin en faveur de "l'Association" de Léopold n'engagent donc nullement la Belgique. Ils sont de fait illégaux, voire anti-constitutionnels, en Belgique. La Belgique ne peut donc sérieusement se prévaloir d'une telle illégalité pour justifier sa présence à Berlin. Ni pour prétendre à un quelconque droit au KONGO.


Dans ce contexte de tension entre les puissances, c'est ainsi qu'intervient la rouerie de Léopold 2 qui réussit à convaincre ces puissances antagonistes, par cette conférence à Berlin qu'il a boutiquée avec Otto Von Bismarck, chancelier du Reich, de céder à son association internationale pour le Congo, AIC, la gestion de cet espace. Pour le libre accès de tous en termes de commerce et de navigation du fleuve KONGO ainsi que la promesse de l'abolition de l'esclavage et l'émancipation des peuples autochtones.


C'est ainsi que, par diverses manœuvres très habiles, comme on le verra, le sieur Léopold 2 qui n'avait pas, aux yeux des puissances de l'époque et du très dubitatif Bismarck en particulier, la capacité matérielle désormais exigée pour créer une colonie, à savoir entre autres, l'administration effective du territoire visé, réussira à faire accepter son AIC comme interlocutrice devant ce qui est sans doute devenu la fameuse Communauté internationale.


Les préliminaires pour Berlin et la reconnaissance de la Vallée du KONGO comme confédération d'États libres.


Hochild explique dans les détails comment Léopold s'y est pris pour faire accepter son association. Notamment au travers d'un lobbying intense de l'administration américaine du président Chester A. Arthur qui lui reconnaît un statut d'une confédération d'États en reconnaissant le drapeau, non pas de l'AIC, mais de l'AIA. L'Association internationale africaine qui regroupe entre autres des savants européens et quelques têtes couronnées, pour une mission à caractère scientifique et philanthropique pour le KONGO. C'est sous ce couvert que Léopold séduit les Américains pour qui une frange de la classe politique est à la recherche d'une terre où les Nègres des États-unis pourraient être transférés de manière digne pour se racheter face à une histoire cruelle de soumission, d'occupation et d'extermination. Et les promesses par Léopold de la libre entreprise et du libre accès à la propriété pour les Américains ont achevé de convaincre les USA de reconnaître "l'Association".


C'est ainsi que dans son message annuel au Congrès du 4 décembre 1883, centré essentiellement sur les relations diplomatiques des États-unis, Chester A. Arthur déclarera:


La vallée riche et peuplée du Kongo est ouverte au commerce par une société appelée Association internationale africaine, dont le roi des Belges est le président et un citoyen des États-Unis le directeur général. De vastes étendues de territoire ont été cédées à l'association par les chefs indigènes, des routes ont été ouvertes, des bateaux à vapeur placés sur le fleuve et des noyaux d'États établis dans vingt-deux stations sous un même drapeau qui offre la liberté du commerce et interdit la traite des esclaves. Les objets de la société sont philanthropiques. Elle ne vise pas un contrôle politique permanent, mais recherche la neutralité de la vallée. Les États-Unis ne peuvent rester indifférents à ce travail ni aux intérêts de leurs citoyens qui y participent. Il pourrait s'avérer judicieux pour nous de coopérer avec d'autres puissances commerciales pour promouvoir les droits de commerce et de résidence dans la vallée du Kongo, sans ingérence ou contrôle politique d'une quelconque nation.

De cette déclaration, il apparaît clairement qu'il y a une distinction entre deux entités. D'une part, la vallée du KONGO dirigée par des chefs autochtones. D'autre part, une organisation philanthropique récipiendaire, selon Léopold 2, des terres cédées par les chefs souverains de la vallée du KONGO. Suivant près de 450 très hypothétiques traités de cession de souveraineté établis par Stanley avec ces chefs tribaux.


Cette distinction est importante, car elle nous renseigne sur la véritable nature de l'entité Congo du langage courant, comme organisation tantôt scientifique et philanthropique, AIA, tantôt commerciale, AIC, présidée par Léopold. Entité qu'il faut distinguer de la vallée du KONGO elle-même, comme ensemble de territoires organisés sous le contrôle des chefs reconnus comme souverains. En d'autres mots, des territoires qui constituent des États indépendants et formellement constitués ensuite comme tels par "l'Association", et vus comme tels, et surtout libres, par les États-unis d'Amérique. Sans l'ingérence ou le contrôle politique d'une quelconque nation. Nous soulignons.


Après la déclaration d'Arthur, la confusion entretenue par Léopold entre l'association philanthropique AIA détenue par des savants, des têtes couronnées d'Europe ainsi que d'autres princes, et la société commerciale AIC dont il est le seul président, se reflétera dans la déclaration officielle de la reconnaissance des États-unis établie par le secrétaire d'État Frederick T. Frelinghuysen le 22 avril 1884:


Le gouvernement des États-Unis annonce sa sympathie et son approbation des objectifs humains et bienveillants de l'Association internationale du Congo, administrant, comme elle le fait, les intérêts des États libres qui y sont établis, et ordonnera aux officiers des États-Unis , tant sur terre que sur mer, de reconnaître le drapeau de l'Association internationale africaine comme le drapeau d'un gouvernement ami.

C'est clair que pour les États-unis d'Amérique, cette distinction est faite entre d'une part, l'Association internationale africaine à caractères philanthropique et scientifique, nonobstant la référence à l'AIC qui est commerciale, et d'autre part les États libres de la vallée du KONGO dont l'AIC administre les intérêts. Si on admet rigoureusement que les deux associations peuvent être prises en compte dans la même formulation officielle.


En tous les cas, le drapeau qui est formellement reconnu, c'est celui de l'AIA. Comme le gouvernement des États libres de la vallée du KONGO dont l'administration est sous-traitée à une société commerciale privée dénommée AIC. Société présidée par Léopold 2 et dont le directeur général, selon le président américain Arthur, est un citoyen américain. Telle est la lecture qui nous semble la plus cohérente de la reconnaissance américaine du projet léopoldien par rapport à la Vallée du KONGO.


La déclaration du représentant de Léopold 2 lors de la signature de cet accord entre les USA et l'AIA reprend elle-même les deux formes pour les associations évoquées. De sorte qu'il est permis de croire qu'il ne s'agit guerre d'une méprise, mais bien de deux entités distinctes aux attributions différentes. L'une d'administration pour l'AIC. L'autre régalienne et porte-étendard pour l'AIA.


La déclaration du président Chester A. Arthur au Congrès est claire quant au fait que l'action de l'Association internationale africaine ne revêt pas un caractère politique permanent, son but étant d'assurer la neutralité de la zone, et que par ailleurs aucune nation ne peut exercer ni une ingérence ni un contrôle politique sur la vallée du KONGO et ses États libres.


Ces précisions ont leur importance. Car selon Hochild, Léopold 2 est lui-même préoccupé par la question du statut de sa société commerciale et de l'association dont il faisait partie. On apprend effectivement que le sieur Léopold avait engagé un scientifique d'Oxford, du nom de Sir Travers Twiss, pour lui procurer un avis scientifiquement éclairé soutenant le droit d'une société privée d'agir comme un État souverain lors de l'établissement des traités avec des chefs autochtones. Léopold 2 est donc conscient de ce qu'il n'est pas acquis que l'AIC ou l'AIA aient les attributs d'un État. Il apparaît donc, au vu des faits historiques soulignés, en conformité avec leur idéal républicain et leur vocation révolutionnaire d'origine, que les Américains ne lui aient pas reconnu un tel droit ou un tel privilège. Le confinant à une qualité d'une sorte de manager d'une confédération d'États vus comme libres. Et donc par conséquent dont la souveraineté revenait à ses chefs autochtones. Une souveraineté que les USA n'entendaient nullement laisser à une quelconque puissance.


La Conférence à Berlin


En vendant l'idée d'une zone libre ouverte au commerce et constituée d'États libres, monsieur Léopold parvient à s'allier les bonnes grâces des États-unis. Ces derniers sont particulièrement allergiques à toute idée de domination des zones potentiellement commerciales par des puissances anciennement tutélaires d'étendues coloniales. Pour la Vallée du KONGO, deux anciennes puissances sont visées par les USA. Il s'agit du Portugal et du Royaume-Uni qui s'associent dans un traité pour contrôler l'embouchure du fleuve KONGO. Les États-unis seront d'un apport très appréciable pour Léopold dans sa stratégie de lobbying pour lever cet obstacle majeur qui empêchaient l'accès aux terres intérieures du KONGO.


Le soutien américain des USA est donc capital pour Léopold. En effet, ceux-ci considèrent que le Portugal n'a aucun droit sur cette zone qu'elle a abandonnée depuis belle lurette. Et qu'il ne remplit donc pas les conditions d'une nouvelle doctrine dans les relations internationales qui exige une administration effective et une présence continue pour réclamer l'exercice des droits de souveraineté sur une colonie.


Muni de ce soutien américain, Léopold s’attellera à gagner celui de l'Empire Germanique dirigé par son chancelier Bismarck. Ce dernier se montre très dubitatif quant aux prétentions démesurées, mais surtout infondées, de Léopold. Toutefois, dans un moment de grande clairvoyance sans doute géostratégique, Bismarck adhérera à l'idée de la convocation d'une conférence sur le KONGO passionnément défendue par Léopold. Pour éviter, dans le futur, une confrontation entre puissances impérialistes.


Avec la persuasion des Français qu'il parvient à convaincre qu'un droit de préférence sur le "Congo" leur sera accordé comme puissance y exerçant des droits de souveraineté, si l'Association internationale pour le Congo qu'il représentait à titre personnel venait à tomber en faillite, Léopold parviendra à faire reconnaître son "Association internationale pour le Congo" de manière tacite comme adhérant à l'acte général de Berlin. Comme le souligne Bismarck à la clôture des travaux. Sans plus de détail au niveau de l'acte lui-même qui ne fait pas mention de l'Association de Léopold.


Cet acte, dans une série de 38 articles, pose essentiellement le principe de la liberté de commerce sur le bassin du Kongo et les territoires adjacents. Il définit pour cela le territoire du bassin du Kongo dans son article 1. Il s'agit d'un territoire englobant approximativement la région de l'Afrique centrale et de l'est. Il s'agit du nord de l'Angola, de la République du Kongo dit Brazza, du Gabon, du sud du Kamerun, du sud du Tchad, du Centrafrique, de l'ouest de l'Uganda, du Rwanda, du Burundi, de l'ouest de la Tanzanie, de la Zambie, du Malawi, du nord du Zimbabwe et du KONGO dit RDC.


L'essentiel de cet acte est repris dans l'article 5:


Toute Puissance qui exerce ou exercera des droits de souveraineté dans les territoires susvisés ne pourra y concéder ni monopole ni privilège d'aucune espèce en matière commerciale. Les étrangers y jouiront indistinctement, pour la protection de leurs personnes et de leurs biens, l'acquisition et la transmission de leurs propriétés mobilières et immobilières et pour l'exercice des professions, du même traitement et des mêmes droits que les nationaux.

Il est clair qu'il n'est nullement question d'attribuer à l'occasion de l'établissement de cet acte une quelconque tutelle de cette zone de libre commerce à une quelconque puissance. Même si une telle perspective n'est pas exclue pour le futur. Pour les portions non occupées. L'objet n'est donc pas de se partager des terres, mais d'assurer le libre accès à la zone, indépendamment de la puissance occupante de fait ou future.


L'accaparement aux assises de Berlin par l'Association internationale du Congo de ce qui allait devenir l'espace de la RDC procède en réalité de l'abus de la reconnaissance formelle de la Vallée du KONGO par la consécration américaine de l'AIA comme son État assurant une forme de régence et de la reconnaissance tacite et illicite par Bismarck de l'AIC comme cet État. On s'écarte à ce niveau de la perspective confédéraliste d'États libres sous le contrôle temporaire d'un organisme philanthropique présenté aux américains, pour glisser vers un État sous sa coupe suggéré à Bismarck. Une persuasion de Bismarck obtenue par un autre lobbying intense, notamment contre espèces sonnantes et trébuchantes, par le canal de Gerson Bleichröder, banquier de Bismarck. Par un généreux soutien royal de 40 mille francs à la Société Africaine de Berlin.


Ce sont pourtant ces deux faits qui font incidemment du KONGO une partie prenante de fait aux accords non documentés de Berlin et à l'acte général de Berlin. Une puissance exerçant de facto des droits de souveraineté sur l'espace géographique défini par Stanley qui intervient à Berlin comme un expert américain. Avec deux visions totalement différentes des USA et de l'Empire germanique que le sieur Léopold a su manipuler habilement. Ceci est à n'en point douter la raison objective qui concourt au refus américain de ratifier l'Acte général de Berlin. Et un tel refus a des répercussions énormes dans la politique internationale actuelle de la RDC et dans la guerre en cours.


Le KONGO, dans la vision souverainiste américaine, est donc bel et bien présent à Berlin par le truchement de l'AIC, de Léopold 2 et de ses représentants aux assises Henry Shelton Sanford et le colonel Maximilien Strauch. Henry Sanford est un ancien ministre-délégué des USA à Bruxelles sous les administrations d'Abraham Lincoln et d'Andrew Johnson. Il fait partie du commité exécutif de l'AIA fondé en 1877. Il est celui qui contracte Stanley - connu pour avoir couvert une invasion projetée de l'Éthiopie par le Royaume uni en 1869 et la recherche de l'explorateur Livingstone - pour la récolte des traités au KONGO. Sanford est un fervent défenseur du libre commerce. Il est le principal lobbyiste de Léopold auprès des USA où il a ses entrées qui lui ont permis de convaincre Chester A. Arthur de reconnaître le drapeau de l'Association internationale Africaine comme celui d'un gouvernement ami. Il faut noter qu'en Amérique le mot gouvernement est utilisé pour faire référence à l'État. Sanford est aussi un riche entrepreneur et le fondateur de la ville de Stanford en Floride. Il caresse l'idée que le KONGO deviendrait une sorte de Canaan pour les nègres d'Amérique afin d'effacer, même partiellement, le lourd obscur héritage des USA. Le colonel Strauch est quant à lui l'aide de camp de monsieur Léopold, second du nom. Il est, ni plus ni moins, secrétaire général de l'Association internationale africaine, et président du Comité d'études du Haut Congo. Un comité établi par Léopold et dont les sociétaires sont des entrepreneurs hollandais et un banquier belge.


La présentation de la Belgique comme puissance parmi les quatorze signataires de Berlin est donc en réalité une usurpation grossière, voire vicieuse, de la place du KONGO. La Belgique n'avait aucune place à Berlin. Et la persistance de son imposture le long de l'Histoire est, de notre point de vue, la cause de la Grande guerre de 1914-1918. Une guerre menée par l'Allemagne qui, dans la Vallée du KONGO, ne prend hélas pas fin. Au mépris des dispositions de l'Acte général de Berlin.


La pomme de discorde dans l'Acte général de Berlin.


Selon Macharia Munene, de l'Université de Nairobi, durant les discussions de Berlin, par leur ministre délégué à Viennes et Berlin, John A. Kasson, les Américains réussissent à faire accepter leur optique d'une zone de libre échange plutôt qu'un territoire géographiquement limitée avec une personnalité politique. Sans que cela ne soit mentionné dans l'Acte général de l'accord de Berlin, ils obtiendront la reconnaissance de «l'Association» par la Conférence comme pouvoir organisateur assurant le libre commerce pour la région du KONGO. Suite au changement d'administration aux USA, les Américains ne ratifieront cependant pas l'Acte général de l'accord de Berlin. Sans toutefois renoncer à leur vision de la zone équatoriale de libre commerce de l'Atlantique à l'Océan indien.


Ouverts le 15 novembre 1884, les travaux prendront fin le 26 février 1885.


Arrivé le 28 avril 1885 à l'embouchure du fleuve Kongo, en provenance d'Europe, pour une mission décidée en décembre, bien avant la clôture des travaux à Berlin, le navire de la marine américaine, USS Lancaster, saluera de 21 coups de canons le KONGO et portera ainsi sur les fonts baptismaux le nouvel État, porté lui-même par l'Association Internationale Africaine, et administré par l'Association internationale du Congo.


Un mois plus tard, le 29 mai 1885, Léopold 2 décidera sans aucune autre forme de procès de proclamer l'État indépendant du Congo. Dissimulant ainsi la structure humanitaire et son pendant commercial qui lui avait permis de faire accepter son projet d'exploitation. Pour s'octroyer la stature d'un État au sens plein du terme. Au delà de l'État corporatif qu'il est véritablement du point de vue de ses parrains américains.


Si techniquement, d'un point de vue de l'Acte général de Berlin, rien ne l'empêchait de procéder à cette manœuvre corporative, la tournure des événements que Léopold opérera par la suite sera une totale violation de l'esprit et de la lettre de cet Acte.


En se proclamant successivement Souverain-roi du Congo, puis propriétaire du Congo, Léopold énervera à la fois l'optique américaine dans le parrainage que l'Amérique lui apporte, et la vision de la Conférence sur le KONGO déclinée dans l'article 5 de l'Acte général rappelé précédemment.


En effet, ce qui était vu comme une zone commerciale de libre échange, pour entre autres l'émancipation des populations autochtones et l'abolition de l'esclavage, se transformera en une occupation militaire, un immense camp de concentration pour travaux forcés, mais surtout en une propriété privée. La où se déroulent les crimes les plus abominables. Pour l'enrichissement exclusif et spectaculaire de Léopold et de la Belgique. Ce petit pays peuplé de petites gens, comme l'avait déclaré le roi bâtisseur. Dépité sans doute de ce que les Belges ne l'aient pas fait roi de la Belgique, mais seulement des Belges. Allant jusqu'à lui interdire d'être souverain d'un autre territoire.


Le premier à être déçu de la tournure des événements, c'est sans aucun doute, Henry Sanford, qui voit s'effondrer tout le rêve du libre commerce qu'il avait vendu aux Américains lorsque le sieur Léopold décide de taxer son beau monde pour avoir une place au soleil dans sa propriété. Sanford ne survivra pas à cette trahison quelques années plus tard.


Si Sanford se laisse emporter par l'émotion dans sa tombe, les Britanniques ne se laisseront pas démontés. Avec les Américains, ils enclencheront une campagne de déstabilisation du tyran européen pour le pousser a la sortie. Sans doute conscients de son vrai rôle de manager. Certainement pas de celui de demi-dieu.


La Guerre


Les Allemands, quant à eux, moins prompts à exhiber leurs émotions, n'en pensaient certainement pas moins, et n'avaient pas l'intention de se faire avoir par la roublardise du roi pâtissier qui semblait avoir roulé tout le monde dans la farine. Une campagne de dénonciation à la britannique n'était simplement pas pas leur truc. Une campagne militaire, pour tirer les conséquences de l'échec de Berlin, était plus à la hauteur de leur réputation historique mais aussi de celle de leur logique froide et implacable, mais aussi généralement aveugle, de la suite dans leurs idées. Bonnes ou mauvaises.


Si, contrairement à l'impression que les Britanniques et les Américains donnent, ils n'avaient que faire du sort des Nègres qui se faisaient massacrer par le roi Allemand des Belges - ils étaient eux-mèmes impliqués, certes à une échelle moindre, dans des génocides dans les territoires qu'ils occupaient dans le sud-ouest Africain - les conséquences économiques des méthodes cavalières de Léopold 2 étaient leur préoccupation principale. En plus de la domination dont ils rêvaient naturellement.

Lucas CATHERINE, membre du British Institute in Eastern Africa, et auteur: «Des tranchées en Afrique: La guerre oubliée des Congolais contre les Allemands en 1914-1918.», explique l'enjeu de cette guerre dans les termes suivants:



Les matières premières. Bien avant 1914, on savait déjà que l'Est du Congo était riche en cuivre, diamant, or, cobalt et radium/uranium. L'Afrique de l'Est Allemand (Tanzanie) n'en possédait pas et comme disait le secrétaire d'État des Affaires coloniales (Staatssekretar des Kolonialamt), Bernard Dernburg en 1908: «Nous ne sommes pas allés en Afrique de l'Est pour y aménager des plantations agricoles au profit de quelques trois ou quatre cents colons, mais pour y développer une réelle économie et y exploiter des minerais pour l'industrie.» Seulement les minerais se trouvaient de l'autre côté du Lac Tanganyika. Ce qui expliquait la conviction allemande pour le Congo.

De cet extrait, il ressort clairement que les Allemands à Berlin n'avaient pas l'intention de signer un chèque en blanc pour Léopold 2 et que la tutelle qui lui avait été octroyé de la région n'était pas le fruit d'un accident résultant d'une ignorance de la valeur de cette région. Les Allemands avaient leur vision de la «MittleAfrica» pour l'occupation de toute la région de l'Afrique centrale de manière à faire jonction entre leur colonie du Kamerun et celle de l'Afrique de l'Est allemande (l'ancien Tanganyika qui devient la Tanzanie après jonction avec l'île de Zanzibar). Mais une telle vision butait inévitablement à une confrontation éventuelle avec la France ou le Royaume uni.


Un élément déterminant dans leur volonté d'en découdre avec l'arnaque léopoldienne est sans doute le décret que prend le parlement belge pour déclarer le «Congo» comme une colonie de la Belgique. Moyennant espèces sonnantes et trébuchantes consenties au sieur Léopold. Sieur Léopold qui était endetté jusqu'au coup comme l'avaient prévu les Français à qui il avait promis un droit de préférence advenant sa faillite financière. Ils se feront avoir.


Il devient donc clair, comme les analystes le disent, que la Grande guerre était la guerre que tout le monde voulait. Même si le lien n'est pas fait avec la Conférence sur le KONGO qui semble pourtant être le casus belli indéniable dans le déroulement des événements qui précèdent cette guerre. Si l'on s'en tient notamment à la déclaration faite en 1913 par le professeur Hoetzch devant la «Deutsche Koloniale Gessellschaft», lorsuq'il dit:


Ni la Belgique, ni le Portugal n'ont rien fait qui justifie la possession de ces énormes territoires.

On se souviendra, comme le rappelle le professeur Tshibangu KALALA, dans son ourage intitulé: «La République démocratique du Congo et ses onze frontières internationales», que deux ans plutôt, en 1911, l'Allemagne avait exigé du KONGO administré par les Belges la révision des frontières avec le Rwanda. Des frontières pour lesquelles les Allemands avaient bataillé dur pour obtenir que le Royaume du Rwanda soit préservé dans son intégrité. Le KONGO consentira donc à céder au Rwanda des terres essentiellement située au-delà des frontières naturelles. En ce compris des terres qui n'hébergeaient pas des peuples d'expression rwandaise comme le souhaitait les roitelets rwandais successifs dans leur velléité expansionniste. Parmi ces terres figuraient notamment la région de Tshiangugu peuplée des Bashi et qui jusqu'au debut des années 70 ne comptait pas de locuteur du kinyarwanda. Comme le rappelle l'ancien ministre des affaires étrangères de Kagame, l'ambassadeur Ndagijimana, de la caste des Hutu. Lui-même originaire de la région.


Le 4 août 1914, l'Allemagne décida d'attaquer la Belgique et déclencha ainsi la Grande guerre, car le Royaume uni, comme garante de la neutralité dont jouissait la Belgique, se vit dans l'obligation d'entrer en guerre contre l'Allemagne. La France également, car visée par l'Attaque de la Belgique qui avait refusé d'accorder à l'Allemagne un passage pour attaquer la France.


Le 15 août, nonobstant l'article 10 de l'Acte général de Berlin qui garantissait l'inviolabilité du bassin du KONGO, l'Allemagne foula aux pieds les accords de Berlin et attaqua le KONGO.


En effet, après le bombardement de quelques villages riverains du lac Tanganyika, en date du 22 août 1914, un navire allemand ouvrit le feu sur le port de Lukuga et tua des soldats de la Force publique.


Le KONGO entra officiellement en guerre contre l'Allemagne sur plusieurs fronts répartis en cinq phases comme le précise MABIALA Mantuba-Ngoma:


  1. La Campagne du Kamerun (du 8 septembre 1914 au 1er avril 1916).

  2. La Campagne de Rhodésie (de 1914 à 1915).

  3. La Campagne défensive au Tanganyika et au Kivu (9 octobre 1914 - fin 1915).

  4. La première Campagne offensive: Tabora (avril 1916 - 20 septembre 1916).

  5. La seconde Campagne offensive: Mahenge ( du 2 septembre au 30 Octobre 1917).


La Campagne du Kamerun


Il est intéressant d'observer que l'Allemagne s'approprie le territoire du Kamerun dit allemand en 1884 peu de temps avant de se lancer dans le processus de Berlin qui va traiter du bassin du KONGO. Après Berlin, l'Allemagne entame des négociations avec la France qui lui cède les deux tentacules occupées par elle de la Lobaye et de la Sangha en 1911. La même année où le KONGO lui cède des pans entiers de territoire pour le compte de son protectorat rwandais dont elle veut préserver l'intégrité du royaume.


Mabiala explique que les troupes du KONGO, a la demande de la France, se comportèrent avec honneur notamment dans les combats de Nzimu, Monzo, Besam, Asobam et d'autres où elles prirent part. Renforçant dans un premier temps les unités françaises positionnées dans la Sangha. Pour s'avancer sur Weso et enlever le poste de Nzimu. Avant de prendre d'assaut Molundu pour sa chute et de faire leur entrée avec les troupes françaises et anglaises à Yawunde, siège du gouverneur allemand et de l'état-major, en janvier 1915. Avec comme résultat la fuite des troupes allemandes vers la Guinée équatoriale.


La Campagne de Rhodésie


Les soldats du KONGO eurent également à croiser le fer avec les troupes du Reich en Zambie. Après une attaque le 5 septembre 1914 par les troupes de la Deutsch OstAfrica de la ville d'Abercorn, l'actuelle Mbala, en Zambie, le KONGO s'est senti menacé par une éventuelle attaque allemande du Katanga et a consenti de prêter une main forte aux Anglais jusque-là réticents à l'idée de devoir dévoiler leur vulnérabilité. Comme l'explique Mabiala. Les soldats du KONGO taillèrent en pièces des Allemands supérieurs en nombre sur la Saisi en 1915, après de violents combats qui durèrent quatre jours.


La Campagne défensive au Tanganyika et au Kivu


Après le bombardement du poste de la Lukuga par les Allemands le 22 août 1914, le coulage de l'Alexandre Delcommune de la marine Kongo par le Hedwig von Wissmann, l'accumulation des troupes du Reich à Usumbura (Bujumbura) le long de la frontière avec le KONGO, la nécessité du recours à une stratégie offensive se fit sentir et l'option fut levée d'attaquer l'Allemagne jusque dans ses derniers retranchements pour préserver l'intégrité du territoire. Ce, nonobstant la condition de neutralité à laquelle était astreinte le KONGO et son bassin de manière générale suivant l'Acte général de Berlin. Cependant une telle astreinte était sérieusement battue en brèche par sa violation par un État partie chargée de garantir cette neutralité. Force est de constater que les Allemands avaient effectivement foulé aux pieds Berlin 85 en attaquant le KONGO. Dès lors, il ne pouvait plus être question de faire valoir une astreinte à la neutralité par rapport à un pays qui avait choisi de la violer. Frustra legis auxillium quaerit qui in legem committit... Ce principe universel du droit romain devrait s'appliquer au droit international même pour les barbares envahisseurs de Rome.


La première Campagne offensive: Tabora


Tabora est la capitale de l'Est Africain Allemand qui regroupe le Rwanda, le Burundi (Urundi) et la Tanzanie actuels sans l'île de Zanzibar.


Pour la protection de la frontière est du KONGO, la stratégie arrêtée par le régime belge d'occupation coloniale est d'occuper en territoire sous occupation allemande une région suffisamment large pour protéger efficacement le KONGO. Cela, par l'occupation du Rwanda, de l'Urundi, l'Ussuwi et Kigoma dans le but d'assurer le contrôle de la frontière lacustre.


Quatre phases sont prévues pour la Campagne de Tabora selon Mabiala:


La première consiste à attaquer les positions allemandes de la Ruzizi au Sud et de la Sebea au nord, pour occuper le Rwanda jusqu'à la ligne Kigali-Nyanza. Nyanza étant le siège historique de la monarchie rwandaise.


La deuxième vise la ligne entre Usumbura et la pointe sud-ouest du lac Ukerewe dit Victoria.


La troisième vise l'occupation de Kigoma d'une part et d'autre part, celle de Mwanza avec l'aide des Britanniques.


La quatrième vise l'occupation de la capitale de la Deutsch OstAfrika, Tabora.


Mabiala fournit le chronogramme suivant des objectifs militaires et de la date de leur réalisation.


Objectif

Date

Kigali

6 mai 1916

Nyanza

19 mai 1916

Usumbura

6 juin 1916

Nyawiogi

12 juin 1916

Kitega

17 juin 1916

Pointe-sud Lac Ukerewe

29 juin 1916

Kato

2 juillet 1916

Djobahika

14/15 juillet 1916

Kigoma

28 juillet 1916

Rutshugi-Gottorp

30 juillet 1916

Kologwe

2 septembre 1916

Lulanguru

10/16 septembre 1916

Itaga

13/14 septembre 1916

Tabora

19 septembre 1916


Le 19 septembre 1916, après la fuite de l'occupant colonial Allemand, le régime belge d'occupation au KONGO choisit de planter le drapeau belge à Tabora. En lieu et place de celui de l'État indépendant du «Congo».


La deuxième campagne offensive: La campagne de Mahenge


Après la capture de Tabora, les troupes du KONGO, sous le commandement du lieutenant-colonel B.E.M Armand Huyghe, progressèrent vers le sud de la Deutsch OstAfrika sur la Ruaha dont la partie septentrionale est commandée par le général allemand Paul von Letow-Vorbeck. Après de durs combats, notamment à Kidoli, Sanga, Sonde et Samaganga, les soldats de l'armée du KONGO attaquèrent Mahenge le 2 septembre 1917. Le 9 octobre, ils firent tomber le plateau de Mahenge. Le 30 octobre, ils prirent possession de Liwale plus au sud et poussèrent les troupes allemandes à la fuite vers le Mozambique sous occupation coloniale portugaise. Le 11 novembre 1918, le général Paul von Lettow-Vorbeck, à l'annonce de l'armistice, se constitua avec ses troupes prisonnier auprès des Anglais à Mbala , en Zambie.


Après la défaite allemande, par le traité de Versailles, les puissances occidentales se partagèrent les terres d'Afrique sous occupation allemande. Le Kamerun revint à la France, le Sud ouest africain, actuelle Namibie, revint à l'Union sud-africaine qui combattit avec les Anglais en Zambie et en Tanzanie. La Belgique reçut le Rwanda-Urundi dans la Deutsch Ostafrika et le reste fit octroyé au Royaume uni comme le Tanganyika.


En conclusion



Cet article nous a permis de mettre en évidence la nature réelle de l'entité dénommée «Congo» comme une corporation formellement établie par Léopold 2 sous l'appellation de l'Association internationale du Congo. Avec comme maison-mère l'Association internationale Africaine que Léopold 2 écarte par la suite dans une première imposture qui le conduit à l'établissement de l'État indépendant du Congo, comme mutation de l'AIC. Il n'en demeure pas moins vrai que cet État dit indépendant est une corporation qui n'a pas vocation à exercer un pouvoir politique réel selon la perspective américaine. Car, suivant cette dernière et en référence à sa propre histoire et la culpabilité qu'elle en éprouve, la souveraineté politique appartient aux chefs traditionnels à la tête des États vus comme libres. La transformation de cet État dit indépendant en une colonie de la Belgique est une autre imposture qui crée un malaise dans l'esprit des accords de Berlin. Pour résulter dans une confrontation en 1914 provoquée par l'Allemagne. Dès l'agression qu'elle mène, l'Allemagne recourt à ses milices royales Tutsi fournies par son valet Musinga entre septembre 1914 et mai 1915, à la chute de Kigali. ZANA Etambala révèle que ces milices, spécialisées dans le vol de bétail et le pillage, ne sont pas des foudres de guerre à la hauteur des troupes professionnelles du KONGO. Les mêmes milices royales sous Musinga se mettront au service de l'Allemagne nazie lors de la deuxième guerre mondiale. Dans l'espoir de voir cette dernière gagner la guerre pour asseoir la domination de Musinga mise à mal par la contestation interne de son pouvoir illégitme et la colonisation belge.


On ne peut que constater la perpétuation des incursions barbares de ces milices Tutsi jusqu'à ce jour. Dans ce qui ressemble à une vengeance de Musinga que nous avons présenté dans un article précédent. Avec pour cela le soutien notamment d'une Europe sous domination Allemande, comme incarnation du quatrième Reich. Il est intéressant de noter la date symbolique de la chute de la monarchie rwandaise en mai 1915 à Nyanza. Et la chute de Mobutu qui intervient en mai 1997.


Les problèmes du KONGO tirent incontestablement leur origine du désordre issu de Berlin. Avec au cœur d'un tel désordre les multiples abus de la Belgique et de sa couronne.


Il est impératif pour le KONGO de reconvoquer Berlin pour tirer les conclusions des abus des protagonistes de cette conférence. Notamment sur le viol de la neutralité du KONGO par lesdits protagonistes au travers des guerres et des pillages qui perdurent à ce jour. Le KONGO doit exiger de ces protagonistes, notamment ceux faisant aujourd'hui partie de l'Union européenne, la réparation de tous les crimes indicibles commis contre le KONGO a la suite de Berlin. Du génocide organisé par Léopold 2 à celui implémenté par Paul Kagame contre le peuple Bantu des Grands lacs dans un holocauste qui ne dit pas son nom.


Pour cela, le KONGO doit s'allier dans un partenariat stratégique à de nouvelles puissances émergentes ou réémergentes pour les associer à cette nouvelle conférence sur le KONGO. Nous pensons ici essentiellement à la Russie, à la Turquie, déjà présentes à Berlin, ainsi qu'à la Chine, à l'Inde, ou encore au Brésil. En plus d'autres pays Africains attachés à la cause panafricaniste ou alliés naturels du KONGO comme l'Afrique du sud, la Guinée équatoriale ou le Burundi.


En plus d'une telle démarche politico-historique, le KONGO doit impérativement déployer une projet civilisationnel qui lui permettra d'établir un État authentique qui puisse être véritablement voué à l'épanouissement du KONGOMANI. Étant donné que le Leviathan concocté par Léopold 2 pour son asservissement est invinciblement voué à sa perte. Par le principe élémentaire de la continuité d'un État, Mubla-Matari, qui demeure Leopold 2 et à qui revient le sol et le sous-sol d'après Bakajika, aucune issue ne peut être envisagée pour le Nègre dans le rêve de Léopold 2.



Bukoko IKOKI,

Citoyen ordinaire.









 
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