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KONGO 1895-1995: La vengeance de MUSINGA. De Kabare à Kabarebe...

Updated: Nov 24, 2022

Les racines rwandaises de la guerre de l'internationale monarchique contre l'idéal républicain.


Lorsque Tshilombo s'arme de sa bonne foi de chrétien né de nouveau pour embrasser le diable en personne, Kagame, en s’engageant dans une relation qu'il veut essentiellement commerciale, où il concède au Rwanda des offres mirobolantes, c'est avec une méconnaissance presque criminelle de l'histoire que les conseillers de celui qui joue le rôle de président congolais s'imaginent que ces offres contenteront les Rwandais.


Des Rwandais à la mémoire historique incroyablement affermie. Des Rwandais qui possèdent une véritable élite qui a une conscience historique de leur État ancestral, du rapport des forces qui les opposent au pouvoir colonial d'occupation de l'État léoplodien et même à l'Église. Une élite de la cour du mwami profondément ancrée dans la mystique de sa royauté et rompue aux pratiques magiques de la guerre. Une élite qui opère sur un temps long, très long. De loin plus long que celui de la classe politique affairiste et carriériste de la RDC. Celle qui hérite de cet État léopoldien et dont la vision ne dépasse guerre le temps d'un mandat électoral généralement frauduleux, dans l'espace exigu d'une tribu, voire d'un clan. Des politichiens qui n'ont pour seul repère spirituel que leur fierté à se présenter comme des agneaux dans un système religieux entièrement contrôlé par tous leurs loups, anciens comme présents. Au point de se retrouver totalement asservis par ceux qui avaient une réelle vision de leurs ambitions.

On est dans ces conditions étonné de voir le petit Rwanda mépriser toutes ces offres commerciales gracieusement faites, que n'importe quel État civilisé saisirait avec enchantement. Pour choisir d'attaquer une RDC dirigée par une classe politique que la cour du mwami à Kigali considère comme asservie à son pouvoir. Et dont les offres commerciales sont considérées en réalité comme un tribut payé au monarque républicain rwandais dont on doit satisfaire tous les caprices dans les moindres détails.


Avec une bonne connaissance de l'Histoire, les Congolais auraient gagné énormément dans l'appréhension du logiciel de domination rwandaise qui se s'exerce sur leur pays. Avec l'aide, certes, des puissances monarchiques impérialistes derrière une telle domination.


Cet article se propose de décrypter le système de domination de la cour du mwami rwandais aujourd'hui tenue par Kagame, Kabila et Kabarebe. Tous liés à un personnage central dans l'Histoire entre l'État léopodien du Congo et le Rwanda: Yuhi 5 MUSINGA.


Il est difficile de comprendre la mécanique des invasions rwandaises, des infiltrations, des assassinats, des trahisons, des coups, des impostures et d'autres manipulations, si l'on ne s'arrête pas sur l'histoire de l'île d'Ijwi au KONGO et sur un autre personnage important dans l'histoire du petit Rwanda voisin.


Il s'agit de Rwabugiri. «Le puissant». Sezisoni de son vrai nom. Le roitelet invincible des Rwandais. Vaincu... au KONGO en...1895. Mystérieusement.


À son décès, il est remplacé par son successeur désigné, Rutarindwa. Ce dernier fait aussitôt après l'objet d'un coup d'État fatal ourdi par l'une des épouses de Rwabugiri, Kanjongera. Aidée en cela par son frère...Kabare. Du clan des Bega pourvoyeur des reines au clan dynastique Nyinginya. Les deux complices décident de placer au trône le fils de Kanjongera, Musinga, qui est très jeune à l'époque... Laissant ainsi l'effectivité du pouvoir entre les mains de son oncle Kabare et sa mère qui devient par ce fait reine-mère ou Umugabekazi, en kinyarwanda.



Kabare et son neveu Musinza.

Dans cette histoire faite de violence entre le Rwanda et le KONGO se trouve au milieu un territoire essentiel dans notre appréhension des campagnes meurtrières de la royauté du Rwanda. Des campagnes qui se déroulent encore aujourd'hui à l'heure où nous écrivons ces lignes. Plus de cent ans après.


À bien des égards, d'un point de vue historique, l'île Ijwi, située sur le lac Kivu, est un microcosme qui représente l'ensemble du macrocosme de la RDC, vu du Rwanda. De ce point de vue, son histoire renferme les clés de la compréhension de l'histoire ensanglantée entre l'État léopoldien et le petit Rwanda.


Comme le rappelle David Newbury, dans son ouvrage The Land beyond the Mists, il existe à l'époque de Rwabugiri entre Ijwi et le Rwanda des relations de bon voisinage agrémentées par des échanges. Les Rwandais apportaient aux Kongomani de l'Ijwi des vaches et recevaient en retour des produits agricoles. Dans le cadre de ce qui est appelé dans l'Ijwi, Bugabire. Dans leur conception, un tel échange amical est naturel notamment entre monarques. Tous perçus comme étant bons par nature pour leur peuple.

Kabarebe et son neveu Kanambe

Bizarrement, au centre du Rwanda, là où la monarchie est basée, c'est une compréhension tout autre qu'a la cour de cet échange de bons procédés. Alors que le Rwanda livre aux Kongomani des vaches, il pense néanmoins que les produits agricoles qu'il reçoit en retour du mwami de l'Ijwi sont des tributs qui lui sont dus dans le cadre d'un lien de suzeraineté qui fait de ce mwami un vassal... Pour l'aristocratie rwandaise, alors que les Kongomani sont les récipiendaires des vaches, symboles de la prospérité et indicatrices d'un rang supérieur, ce contrat est étrangement interprété comme l'Ubuhake pratiqué au Rwanda entre les Tutsi et les Hutu qui fournissent des produits agricoles à leurs seigneurs Tutsi. L'Ubuhake est ce lien de servage qui lie les deux castes associés considérés aujourd'hui en RDC, par erreur ou par paresse intellectuelle pandémique, comme des ethnies au sens de la loi congolaise. Sans toutefois pouvoir identifier une langue spécifique à l'un et l'autre de deux groupes ou une terre qui leur est associée spécifiquement. Que ce soit au Rwanda ou au Burundi d'où ils proviennent. On entend parfois le terme de nilotique associé aux Tutsi. Alors qu'il s'agit en réalité d'une construction occidentale visant à associer l'origine de la civilisation égyptienne à ce groupe et à assurer à travers lui la domination de la région. Étant bien entendu qu'aucune preuve n'existe que ce groupe a une origine proche du Nil. Lorsqu'en revanche, des tribus nilotiques authentiques, comme les Lendu, existent en RDC et sont Bantu par la langue. Une confusion est volontairement ou malicieusement entretenue entre des origines hypothétiquement nilotiques et des origines en réalité coushites des immigrés de la corne de l'Afrique installés au Rwanda. Un Rwanda incontestablement bantu par sa langue.

Après une brouille intervenue entre la cour royale au Rwanda et le roi Kabego de l'Ijwi, marié à deux rwandaises, qui avait vu ses enfants présents dans cette cour assassinés, le mwami de l'Ijwi mettra fin à l'envoi des cadeaux aux Rwandais.


La fin des cadeaux de Kabego fut interprétée comme un acte de défi. Une rupture de ce qui était considéré comme une relation de subordination par la partie rwandaise.


Rwabugiri organisa une de ses expéditions punitives au travers d'abord de ce qui est connu comme la première campagne de l'Ijwi. Cette dernière résulta en une pantalonnade royale pour le roitelet guerrier. Les nombreux mariages mixtes sur l'île avaient causé l'échec de l'invasion de l'île par des indiscrétions dans le camp rwandais qui avait des liens familiaux avec des habitants de l'île. Cet échec retentissant, qui avait vu la soldatesque de Rwabugili chaleureusement accueillie sur les plages du sud de l'île par les troupes déterminées de Kabego, sera toutefois une incitation à améliorer sa stratégie dans ses visées d'invasions.



Lors de sa deuxième campagne, le mwami tout puissant des Rwandais appuiera sa stratégie sur les dissensions existantes dans l'île. Pour cela, il s'appuiera lourdement sur les renseignements des personnes d'ascendance rwandaise présentes sur l'île. À la faveur d'une guerre de succession, l'appui le plus significatif à Rwabugiri viendra d'un fils de Kabego, de mère rwandaise, sans liens maternels sur l'île, en rupture de ban avec son père. Nkundiye s'alliera avec le mwami guerroyeur pour déchoir son père et le remplacer... C'est grâce à ses informations stratégiques que Rwabugiri prendra d’assaut l'ìle et exécutera Kabego. Non sans lui trancher la tête et les testicules qu'il ramènera au Rwanda. Sans cependant le tambour sacré du pouvoir que Kabego avait pris soin de dissimuler.


Nkundiye sera donc un mwami sans l'effectivité du pouvoir traditionnel. Pour ne pas dire du pouvoir tout court. Rwabugiri exercera son influence sur l'île, sans toutefois parvenir à en changer la structure socio-politique. C'est au travers de ce qu'on pourrait qualifier aujourd'hui des collabos et d'autres infiltrés que le Rwanda contrôlait l'île.


Jusqu'à ce que Nkundiye décide à son tour d'en découdre avec Rwabugili. Il sera trahi à son tour par son fils Katobera. Sa tête et ses testicules prendront le même chemin du Rwanda pour finir dans l'escarcelle de Rwabugiri. Katobera finira lui-même assassiné par la cour de Rwabugiri qui le considère comme dangereux...pour avoir trahi son père.


Après une énième brouille avec le peuple Shi sur le hinterland de l'île, Rwabugiri décidera d'attaquer ce royaume pour en capturer la reine-mère qu'il acheminera au Rwanda où il l'exécutera froidement. Croyant s'être débarrassé du fils Rutaganda, ce dernier ressurgira plus tard pour défier Rwabugiri. Notamment dans une histoire de bétail. Un bétail qui semblait occuper une place essentielle dans la motivation de diverses invasions rwandaises.


Kagame, Kaguta et Kanambe

La confiscation du troupeau de Rwabugiri par Rutaganda, agrémenté d'un battement spécial de tambour de défiance à l'attention du roitelet des mille collines, fut un motif suffisant pour déclarer la guerre à celui qu'il considérait comme un vassal.


À partir de l'Ijwi où il avait désormais élu domicile, Rwabugiri lancera la dernière campagne de sa vie contre le Bushi en 1895 où il trouvera la mort dans des conditions mystérieuses. Après qu'il se soit livré à un rituel magique qui avait dû mal tourner, le mwami belliqueux s'est retrouvé par terre, foudroyé. LOL. C'était la campagne de trop. Après une cruauté de trop avec la barbare exécution de la reine-mère du Bunyabungo, Mugeni Gahwijima.


À la mort de Rwabugiri, en novembre 1895, l'un des fils de Kabego, Ndogosa, refugié dans le Bushi (qui est en fait l'origine du pouvoir des BanIju), retournera sur l'île et recouvrera immédiatement son pouvoir ancestral grâce au tambour sacré. Il expédiera le corps de Rwabugeri chez les siens. Avec sa tête et ses testicules bien en place. Sa femme sera également rapatriée au Rwanda avec leur taureau royal, également entier. Les Rwandais habitant sur l'île prendront également le chemin du retour au pays des mille collines. Sans tambour sacré...ni trompette. Poussant leurs vaches, armes et bagages en main. Pour reprendre l'expression de Bernard Debré dans «La véritable histoire des génocides rwandais».


Au Rwanda, c'est le successeur désigné de Rwabugiri, Rutarindwa, qui est installé au trône suivant le rite des devins. Il sera assassiné en décembre 1896 par sa belle-mère Kanjongera. Avec l'aide de son frère Kabare, Kanjongera placera son fils, Musinga, au pouvoir. Il fera face à trois défis majeurs. La contestation de sa légitimité à cause de son arrivée au pouvoir par des moyens non rituels, la défection des régions conquises par Rwabugiri, et l'arrivée des Allemands. Des Allemands qui, contre toute attente, composeront avec le pouvoir en place et l'aideront à consolider son contrôle sur le territoire.


Musinga

Lorsque la première guerre dite mondiale éclate, les Allemands tombent en disgrâce devant les autres puissances occidentales. À la défaite de l'Allemagne, ses colonies seront partagées entre les puissances occidentales impérialistes. La Belgique assurera la gestion administrative du Rwanda-Urundi suivant le mandat de la société des nations. Tout en faisant croire à sa petite population en mal de domination qu'il s'agit des colonies. Comme elle avait déjà réussi à faire croire à cette population que l'État indépendant du Congo n'était pas tout à fait indépendant.


Non contente de la résilience de Musinga à se soumettre à l'ordre de l'occupation coloniale et à l'endoctrinement spirituel de l'église catholique, préférant s'en ternir aux traditions magiques de la monarchie rwandaise, les prélats belges décideront d'en découdre avec le mwami rebelle à l'ordre divin des blancs. Après sa déposition en 1931 par un coup d'État des hommes en soutane opéré au profit de son fils, Rudahingwa Charles Léon Pierre, un catholique docile au goût du clergé belge, le pouvoir colonial en place décidera de déporter Musinga au KONGO, à Moba, où il décèdera en 1944. Six ans plus tôt, en 1938, naissait dans la même ville, à Moba, Laurent-Désiré Kabila dit Mze. Jeune idéaliste, Lumumbiste radical, il décide à la mort du héros national d'initier une résistance dans l'Est du pays. C'est par le Burundi sous Mwambutsa IV, en 1964, que Laurent-Désisiré entre au KONGO où il s'associe aux mouvements insurrectionnels royalistes originaires du Rwanda qui visaient la chute du pouvoir révolutionnaire de Kayibanda. Kayibanda qui avait renversé la monarchie en 1959. Des rebelles de la monarchie, auto-désignés «Inyenzi», qui en outre avait maille à partir avec l'État congolais depuis beaucoup trop longtemps. À cause, entre autres, de l'humiliation réservée à son monarque et à l'interférence de l'église catholique belge dans le choix de son successeur par un endoctrinement et une aliénation sans doute perçus comme dégradants. Sans compter les campagnes militaires victorieuses menées contre l'allié allemand du Rwanda à diverses occasions au cours de l'histoire.

Janet Kabila

Il est intéressant d'observer que lorsque Laurent-Désiré Kabila est soutenu par l'internationale monarchique du Burundi et du Rwanda dans les années 60, pour renverser Mobutu, les populations banyarwanda établies au KONGO, auto-désignées comme Banyamulenge, soutiennent a contrario la République. Pour combattre Kabila. Il faut se souvenir que ces populations arrivent au KONGO, quelques décennies plus tôt, pour échapper précisément à la tyrannie, notamment fiscale, de... Rwabugili. Ce qui laisse croire qu'indépendamment de leur phénotype coushitique, ils appartenaient selon toute vraisemblance à la caste des Hutu. Il faut se souvenir de ce que le lien de servage Hutu-Tutsi est indépendant des phénotypes à l'origine. On le voit clairement avec le phénotype congoïde de Kabare. C'est avec l'arrivéee des Allemands que les coushites, classés comme hamites et considérés comme caucasoïdes, sont décrétés systématiquement comme Tutsi. Comme serfs des Tutsi, les Hutu sont les plus exposés aux excès fiscaux d'un pouvoir tyrannique. En plus de lourds tributs destinés à leur Tutsi.

C'est donc par pure couardise et sans doute par racisme que ces Banyamulenge auto-proclamés Tutsti se font recruter en 1995 par James Kabarebe et la bande du FPR qui, il est vrai, s'était donné des allures révolutionnaires. Allant jusqu'à arborer pour cela le tricolore français. Alors qu'en réalité, il abhorrait tout ce que la France représentait et qu'il était une émanation de l'UNAR. Le parti royaliste du Rwanda. C'est donc sans surprise que Ché Guevara avait décidé dans les années 60 de se séparer de ces révolutionnaires de palais, jouisseurs indécrottables et aventuriers conglomérés sans pairs.



C'est donc aussi sans surprise que, sans doute aux alentours de 1995, lorsque la machine de l'invasion de la RDC se met en place, que la Cour du mwami rwandais à la tête du FPR, nonobstant ses apparences révolutionnaires, recourt au bon vieil agent de sa majesté, Laurent-Désiré Kabila. Celui que Kagame décrit comme «un accident de l'histoire» après qu'il lui fût présenté par Yuri Museveni (Yuri the Seventh...). Il faut savoir que Kagame est le descendant de Kabare. Donc petit-neveu de Kanjongera, épouse Rwabugili.


De l'autre côté, Kabarebe, l'actuel conseiller en matière de sécurité de Kagame, est notoirement connu pour être l'oncle d'Hypolite Kanambe dit Joseph Kabila.


Dans le film «L'Afrique en Morceaux» de Jihan El Tahri, on assiste à une déclaration étrange où cinq ans plus tôt, en 1996, Kabarebe annonce à Joseph Kabila, qui est incidemment de mère rwandaise selon un secret bien gardé de Polichinelle, qu'il dirigera un jour le Congo... Cinq ans plus tard, son père supposé, Laurent-Désiré, est assassiné, après une tentative honteusement manquée du même Kabarebe de le renverser en...1998. Après l'expulsion des militaires rwandais de l'armée congolaise où ils s'étaient rendus coupables d'un nombre incroyable d'abus en tout genre. Trois ans plus tard, ce qui devait arriver arriva, et cet assassinat intervint. Après celui de Masasu Nindanga qui était vu comme le fils adoptif idéologique de Mze... Mze sera remplacé dans un processus étrange par Kanambe. Adoubé par Louis Michel, ministre des affaires étranges belge. Et Clinton, ancien président des USA. Après la succession monarchique opérée, on se souvient de la visite en Belgique de Kanambe où il est allé rendre un vibrant hommage à Léopold 2 devant le parlement belge...

Hypolite Kanambe dit Joseph Kabila Kabange

Avec l'arrivée d'Hypolite Kanambe au pouvoir, on assiste à une infiltration considérable du Rwanda dans l'appareil politique, sécuritaire et militaire de la RDC. On constate des accords troublants particulièrement défavorables à la RDC. Nonobstant des rivalités d'apparence entre le régime de Kinshasa et celui de Kigali. Il faut savoir que même au Rwanda un schisme existe dans le camp Tutsi. Là où les royalistes défendant la couronne ou le tambour de l'héritier de Rudahingwa, le dernier roi avant la révolution Hutu de 1959, fils de Musinga, sont opposés aux partisans de Kagame. Le tyran qui n'avait pas souhaité restaurer le pouvoir monarchique à l'arrivée du FPR au pouvoir en 1994. Préférant s'ériger en monarque présidentiel. En s'appuyant sur sa propre ascendance royale comme petit neveu de la reine-mère putschiste, Kanjongera. Une ascendance royale quelque peu tirée sur le cheveu, certes.


L'influence néfaste du Rwanda, avec les génocides, les infiltrations, les coups d'État, à l'intérieur de l'État congolais comme de l'extérieur, de deux côtés du pouvoir monarchique rwandais, celui de Rwabugiri et de Kanjongera, ressemble à une revanche de l'Histoire sur l'État congolais, héritier du pouvoir d'occupation coloniale belge. Un pouvoir qui, avec la complicité de son église catholique, n'a pas ménagé le souverain du pays des mille collines. Par l'humiliation qu'il lui impose en allant jusqu'à le déporter au KONGO. À Moba précisément. De là où part un agent de cette monarchie dont la succession incontestablement monarchique se comporte bizarrement comme en territoire conquis sur cet État léopoldien depuis plus de deux décennies. S'y posant de facto comme des monarques. Avec un Kanambe allant jusqu'à s'octroyer des initiales, JKK, de son nom congolais d'emprunt (ou de règne?), qui s'identifient à celles du pays en Swahili: Jamhuri ya Kidemokrasiya ya Kongo... Difficile de ne pas voir dans un tel geste une volonté d'arrimer le corps mystique d'un État à sa petite personne. On ne peut s'empêcher, par ailleurs, de se souvenir que le monarque, arrivé au pouvoir par une succession monarchique digne d'une intrigue de la cour du mwami au Rwanda, décide en 2016 de prolonger son mandat de deux bonnes années et de passer outre le suffrage universel en plaçant au pouvoir un dauphin de sa convenance. Après la disparition dans des conditions mystérieuses de son opposant de père qui était allé lui-même faire allégeance au monarque Kagame, avant de se montrer hostile envers le «Rwandais Kanambe». Le fils allait, quant à lui, d'après ses propres mots, chauffer le siège pour Kabila en attendant son retour aux affaires. Tout en étant le meilleur allié que Paul Kagame pouvait imaginer dans ses rêves impérialistes les plus hallucinants. Celui de faire la démonstration que le Muntu était un sous-homme.



La défiance affichée envers la Belgique, que ce soit par Kanambe, ou Kagame en humiliant le roi des Belges qu'il fait poiroter sous un soleil ardent le 30 juin 2010 à Kinshasa, n'est nullement le fait d'un nationalisme africain d'une génération révolutionnaire que le PPRD ou le FPR aiment à mettre à l'avant, comme certains panafricanistes étranges. Il s'agit de la défiance d'un pouvoir monarchique rwandais qui a un sens de l'Histoire et une mémoire, et qui opère suivant un temps long. Un temps transcendant les pouvoirs éphémères, fantaisistes et affairistes qui se succèdent en RDC depuis l'assassinat de LUMUMBA. Des Pouvoirs sans vision, sans perspective, sans mémoire, sans doctrine. Des pouvoirs conçus pour perpétuer l'exploitation coloniale. Au bénéfice des pouvoirs d'occupation coloniale d'hier comme d'aujourd'hui.


Des pouvoirs d'occupation coloniale d'essence incontestablement impérialiste et monarchique. Comme le démontre la Conférence sur le KONGO de 1885. Conférence qui est à l'origine de deux guerres dites mondiales. À cause précisément des disputes non-avouées sur des zones d'influence coloniales. Des disputes de réclamations des terres clamées par l'Allemagne impériale dans la région des Grands lacs. Par ses vassaux rwandais descendants de son allié Musinga. Un allié, il faut le souligner, qui s'était effectivement tourné, dans le désespoir de la cause, vers ces Allemands vaincus, après l'arrivée des Belges pour tenter de préserver son pouvoir.



L’influence allemande dans la guerre des Grands lacs ne traverse guerre les esprits. Mais des signes existent qui ne trompent pas que ce pays, ou du moins, des puissances liées à ce pays et privées de leurs précarés dans la région sont à la manœuvre jusqu’à ce jour. Pour reconquérir de manière insidieuse une domination sur non seulement ses anciennes zones d’influence, mais également au-delà. En RDC et en Uganda. Il faut observer que le modèle d’infiltration et de subjugation pratiquée en RDC s’inspire de celui déjà appliqué en Uganda par l’élite rwandaise infiltrée dans ce pays depuis des lustres. Bien avant l’arrivée de la rébellion de Museveni aux affaires. Museveni qui est un sujet rwandais, ou à tout le moins rwadophone, nonobstant ses dénégations. Un document publié récemment révélant l’acte de naissance au Kenya de son bouillant fils Muhoozi indique clairement l’origine rwandaise du sieur Museveni sous son appellation rwandaise d’origine, Yoseri Tubuhaburwa Rutabasirwa, et son lieu de naissance au Rwanda à Tare. L’ascendant que les réfugiés rwandais de 59 ont au sein de l’appareil militaro-sécuritaire dans l’Uganda de Museveni n’est pas à notre sens un fait du hasard. Il repose sur une communauté d’origine mais aussi de vision procédant de la domination monarchique de laquelle descend des membres éminents de la diaspora rwandaise en Uganda.




Pour une Allemagne qui arrive dans la région vers 1898 pour être défenestrée en 1918, les signes qu’arborent les soldatesques rwandaises et ugandaises notamment dans leurs tenues militaires qui présentent une ressemblance troublante avec un pays avec lequel ils n’ont pas une histoire commune enracinée, ne sont pas à nos yeux que révélateurs du défis que l’élite royaliste tutsi du Rwanda et sa projection en Uganda vis-à-vis de la Belgique. Il s’agit d’une complicité qui se noue dès l’association de Musinga en 1898 avec l’Allemagne qui veut en retour dominer la région par ce monarque en situation d’instabilité prononcée. Plus parlant comme signe qui ne trompe pas est sans doute le drapeau ugandais. Un drapeau aux couleurs ouvertement allemandes dans un pays sous domination anglaise à son indépendance. Le choix de ces couleurs est pour le moins surprenant quand on sait qu’il s’opère en 1962, longtemps avant l’arrivée de la bande à Museveni en 1986 ! Cependant, lorsque l’on découvre l’auteur du design de ce drapeau et qu’on s’aperçoit, par son appellation et par son phénotype, de son appartenance à la diaspora rwandaise déployée en Uganada depuis sans doute de longues décennies, l’imbrication des intérêts allemands avec ceux de l’élite royaliste tutsi en Uganda n’est plus à démontrer. Il y a des signes qui ne trompent pas, disait le Maréchal. Le drapeau ugandais en est un.





Au cours de dernières années, notre thèse sur les origines de la guerre des Grands lacs a été fondée sur le rôle des puissances monarchiques impliquées dans les conquêtes coloniales du 19 ème siècle. Des puissances qui ont choisi d'apporter leur soutien à la monarchie rwandaise après son expulsion du Rwanda lors de la révolution sociale de 1959. Et son repli la même année en Uganda voisin, bastion de la monarchie britannique et foyer du racisme scientifique à l'origine de la caractérisation hamitique par des théoriciens de la haine comme John Speke. Dans le but inavoué d'associer la source du Nil, frénétiquement recherchée à l'époque par des explorateurs du genre de Livingstone, à une société apparentée aux blancs. Pour s'approprier honteusement l'origine de la civilisation égyptienne dont la négritude ne pouvait plus être contestée. D'où l'assimilation systématique des hamites classés caucasoïdes, à cause de leur proximité des traits avec les caucasiens, comme aristocrates Tutsi. Dans le lien de servage de l'Ubuhake avec la classe des serfs Hutu imposée aux Bantu. Moins avenant esthétiquement suivant les critères occidentaux. Une classification qui reposait jusque-là sur la possession des biens indépendamment des phénotypes. Des phénotypes élevés au niveau des races par les occupants coloniaux divers et variés du monde anglo-saxon essentiellement avec leurs auxiliaires Belges. Une classification qui s'opère règle et équerre à la main, près d'un demi-siècle avant la Shoah. Des hamites arrivés pourtant au Rwanda dans un passé relativement récent comme en témoigne l'usage généralisé du kinyarwanda qui est une langue incontestablement bantu. Un usage linguistique qui prouve qu'ils ont été accueillis dans une position d'infériorité sociale. Une position artificiellement inversée. L'impérialisme, et son corollaire du racisme, ne recule résolument devant aucune incongruité pour asseoir sa domination pathologique même sur un faux grossier.



Il apparaît aujourd'hui que l'internationale monarchique occidentale se repose sur une tradition monarchique rwandaise profondément ancrée dans le temps. Et la guerre d'agression dont est victime le KONGO procède d’un logiciel particulièrement élaboré que les Congolais peinent à décrypter. Par ignorance, ou par paresse.


Cette guerre procède également d’un lègue de l’État léopoldien. Lègue produit des rivalités des puissances de Berlin, dont les Congolais ne se donnent que très peu de peine pour explorer les contours.


Il va de soi que la réformation et la redéfinition de l’État au KONGO suivant une vision endogène des peuples de la Vallée du KONGO, constitutifs dudit État, est une impérieuse nécessité pour liquider ce passif incroyablement nuisible de l’État léopoldien. Sur les plans historique, politique et même simplement animique. Le Muntu ne pourra prospérer que dans un État dont la fondation avait à cœur son épanouissement et non son asservissement.



Sans projet fondateur, sans doctrine conductrice, sans vision, le Congolais hérite d’un État avec lequel il est lui-même en conflit permanent. À cause d’une violence indicible imprimée sur son psyché et dont il transmet les séquelles de génération en génération. Ce traumatisme génétique culmine en une culture d’autosabotage provenant de ce qui était initialement une attitude de sabotage contre un système d’occupation coloniale. Une attitude de sabotage perçue alors comme héroïque dans une forme de résistance mais qui survit à une telle occupation coloniale. Au travers notamment d’une incroyable inclination du Congolais à verser dans une corruption cancérigène, néfaste à toute dynamique de construction. Socialement, politiquement et économiquement.


D’un point de vue militaire, dans cette logique autodestructrice, l’ennemi du KONGO devient le Congolais. Celui qui, dans une incroyable désinvolture, détourne la ration des troupes et vend les plans de guerre à l’ennemi pour de rondes carottes. Après avoir détourné quelques décennies plus tôt les fonds destinés à l’achat des armes pour le compte d’un pays voisin victime d’un de ces embargos militaires dont l’occident a le secret. Ce, à l’aube d’une attaque par un Uganda qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin, face à un pays et une armée complètement délabrés en RDC. On se souvient, en effet, de la stratégie arrêtée par les caciques du régime de Mobutu. Avec la démobilisation des troupes d’élite comme celles de la CETA pour parer à tout renversement du pouvoir, tout en comptant sur l’intervention des troupes aguerries de la rébellion angolaise de Savimbi en cas d’agression. Au point de s’attirer les foudres de l’armée angolaise régulière qui n’avait pas raté l’occasion trop belle de se coaliser avec l’agression de l’Uganda. Une invasion à la gloire curieusement monopolisée par le petit Rwanda quand des pays comme le Zimbabwe ou encore l'Afrique du sud étaient clairement à la manœuvre.


À cette désinvolture quasi clinique vient s’ajouter une psychose religieuse profondément déstructurante d’une chrétienté occidentale d’abord d’asservissement puis de colonisation. Durant près de cinq siècles d’endoctrinement. Une exposition beaucoup trop importante comparativement à celle endurée par des voisins rwandais entrés en contact avec cette chrétienté seulement au 19e siècle et dont l’élite combat farouchement la domination dès le départ. De sorte que c’est sans surprise que cette élite, au travers de la manipulation du fait religieux et le contrôle des églises, exerce une véritable domination sur tout un peuple. Un peuple qui avait jugé bon de tourner le dos au peu de doctrine de l’authenticité qu’il s’était élaboré. Après qu’une prolifération des mouvements religieux d’inspiration anglo-saxonne aient fait leur entrée en scène dans le pays. Précisément au moment où se préparait une invasion tout aussi anglo-saxonne.


Dans cet article, nous avons montré l’incroyable organisation de la machine de l’internationale monarchique qui sous-tend le chaos en RDC. Le but n’est certainement pas de faire l’apologie du crime organisé dans le bassin du KONGO. Mais d’attirer l’attention sur le mépris et la haine qui caractérise cette volonté de domination monarchique face à un idéal républicain porté par une jeune République qui a vocation à incarner un tel idéal sur le plan mondial. Cet article est un appel à la prise de conscience de cette République face à cette lourde responsabilité. Une invitation à raffermir sa culture du mérit