MBULA-MATARI: Quelle issue pour le nègre dans le rêve de Léopold?

Updated: Jul 16, 2019

Récemment, lors de la conférence de presse qu'elle a tenue avec des journalistes de la presse féminine, la nouvelle présidente cooptée de l'Assemblée nationale n'a pas trouvé mieux que de désigner la ville de Kinshasa par son ancienne appellation de Léopoldville...


Lorsqu'une nostalgie d'un passé «colonial» aussi douloureux est portée par les dirigeants d'un pays et une certaine élite, on s'interroge profondément sur la capacité du nègre à inventer son propre monde, à se définir lui-même et à écrire sa propre histoire, sa propre success-story.



Léopold II de Saxe-Cobourg Gotha, le roi atrophieur.

Avant elle, c'était son prédécesseur au perchoir de la même Assemblée, Aubin Minaku, qui est allé jusqu'à Bruxelles réciter une ode à l'ordre Léoploldien du pouvoir en RDC qu'il inscrit dans une lignée non-interruptible de continuité. Cela, après que Joseph Kabila, après la succession monarchique qui l'avait vu bombardé à la tête du pays suite à l'assassinat de son nationaliste de père, soit allé prononcer un discours en l'honneur de Léopold II. Devant des parlementaires belges sans doute amusés de se voir lécher les bottes par un président d'une république grande comme l'Europe occidentale venant faire acte de vassalité dans leur petite monarchie. Devant un petit peuple doté d'un petit esprit. Pour reprendre la célèbre phrase de monsieur Léopold II. Avec des dirigeants aussi ancrés dans le projet de Léopold II, que peut-on espérer de positif pour ce pays?


Jeanine Mabunda, nouvelle présidente désignée de l'Assemblée nationale par l'ancien président, exhibant symboliquement ses mains épargnées. Une membre du conseil d'administration de Barrick Gold Corporation.

Doit-on s'étonner que, de régime en régime, le nègre demeure enfermé dans l'enfer des mains coupées du tyran européen et de la démence qui va avec ce cadre tyrannique? En 1960, les nègres pensaient avoir obtenu une indépendance. Même si on se demande légitimement depuis quand ils n'étaient plus indépendants pour un État voulu indépendant dès sa reconnaissance supposée en 1885.


Cependant, lorsqu'on observe la brutale réalité des choses au Congo, nonobstant une telle indépendance supposée, le régime léopoldien se perpétue inexorablement avec une étonnante acuité. «Avant l'indépendance égale après l'indépendance», avait proclamé cet officier belge de l'armée coloniale d'occupation. La preuve.


Que ce soit au niveau de l'éducation, de la justice, de l'économie ou encore de la défense, les congolais qui n'ont jamais pris la peine de définir leur propre projet de société, opèrent jusqu'à ce jour avec les mêmes instruments, les mêmes doctrines, les mêmes méthodes et donc les mêmes finalités que ceux de l'occupant colonial.




En effet, l'armée après l'«indépendance», en pur produit de la Force publique coloniale, est demeurée un instrument de répression de la population pour maintenir l'ordre du pouvoir dit en place. La défense du territoire national ne fait pas partie de la vision du colonisateur qui l'a formée. Ses performances médiocres en cette matière, lorsqu'elle va à la guerre en marche-arrière dans les années 60 ou qu'elle effectue des replis étranges face à un ennemi rwandais en mauvaise posture, prouvent à suffisance l'inadéquation de la mission de cette armée par rapport à l'intérêt national. Il en va de même pour la Police ainsi que les services des renseignements qui se spécialisent tous dans des activités d'intimidations, voire d'éliminations, des citoyens. Alors qu'ils devraient avoir leur attention tournée vers les pays voisins impliqués dans la guerre, avec leurs réseaux politiques et financiers, intérieurs comme extérieurs au pays. L'école de l'occupant qui n'avait pas vocation à fabriquer des leaders mais de bons commis, bons pour lire, écrire et compter pour les besoins de l'exploitation des minerais, est évidemment restée la même. Le manque criant de leadership dans la classe politique congolaise en dit long.

Le Congolais a besoin de se tourner systématiquement vers l'Occidental pour se donner une direction à son action politique. Les politiciens congolais sont en permanence dans toutes les représentations diplomatiques de l'Occident pour, qui se faire valider, qui solliciter une protection, etc. À telle enseigne que même leur plan de carrière politique, ils n'en conçoivent le couronnement que dans une capitale occidentale. Comme exilé politique... La justice n'échappe pas à la règle. C'est une justice coloniale que le «congolais» continue à s'imposer longtemps après le départ de l'occupant colonial. Le fait qu'elle soit marquée par une forte orientation carcérale est une indication de la persistance de l'enfer léopoldien. Pour un oui ou pour un non, on est déféré, non pas en Justice, mais à Makala... Ce qui est valable pour le politique, l'est aussi évidemment pour le citoyen lambda. Un exemple frappant est sans doute ce philosophe qui ne peut penser que par les calibres des penseurs occidentaux, généralement décédés, que lui a prescrit le colonisateur dans son cursus. Quand il n'invoque pas les morts du vieux continent, il tient à exhiber ses accointances avec le premier prof de Philo repéré au hasard d'un visionnage d'un YouTube et qui semble avoir pignon sur rue dans les chaînes françaises, pour valider sa ligne philosophique de la «majorité» pour laquelle il fait par ailleurs office de chantre. La négation même d'un philosophe, qui par définition s'oppose à toute forme de conformisme. Zéro pointé pour l'esprit de leadership.

Aubin Minaku. Ancien président de l'Assemblée nationale et poulain de George Forrest. Un «Forrest boy» exhibant symboliquement ses mains épargnées par le système léopoldien.

L'anthropologue nègre, qui va quant à lui étudier à Londres, ne se spécialise pas dans la connaissance des peuplades européennes pour maîtriser leurs particularités afin d'utiliser ces connaissances dans les rapports avec ces pays pour en tirer les avantages nécessaires au profit de la nation. Il va au contraire renseigner le MI6, la DST, la CIA et tous les renseignements occidentaux sur les détails essentiels de l'âme du Muntu pour sa subjugation mentale et spirituelle. Suivant le même programme de recherche en anthropologie établi par le colonisateur depuis la colonisation et que personne n'a jamais songé à revoir. En échange d'un bout d'os fait de quelques avantages sociaux qu'il va ensuite exhiber à ses congénères pour montrer comment il est «considéré» par l'homme blanc. Comment il a «réussi» dans l'enfer de l'Homme blanc. Pour qu'il soit admiré, il s'acharnera pour maintenir un contraste frappant autour de lui. Rien ne doit prospérer. Personne ne doit réussir. C'est le sens des routes mal entretenues et de l'urbanisation chaotique. Mais aussi de la pauvreté criante. Pour l'économie, est-il nécessaire de rappeler que le modèle économique de la RDC demeure identique à celui hérité de la «colonisation»? Celui qui consiste à extraire des minerais et à les exporter pour une destination inconnue. La RDC n'a jamais implémenté une politique de transformation de ses matières premières. Et le fruit des ventes continue d'enrichir les mêmes sociétaires de Léopold II comme au temps de la colonisation alors que la corruption mine l'administration au point où même les miettes d'antan sont invisibles.

La reine Paola des Belges et Joseph Kabila, le révolutionnaire Che-Guévariste en Robin des bois des têtes couronnées et galant donateur d'un présent onéreux à sa convive lors d'une visite controversée des Saxe-Cobourg Gotha en 2010.

Une administration qui, il est vrai, porte les gênes de l'oppression coloniale et qui associe le travail à l'esclavage que lui impose Mbula-Matari, l'État, en réminiscence de dures corvées liées à la construction du premier chemin de fer du pays. Un pouvoir perçu comme oppressif - L'État «moloki» de Franck Diongo - pour lequel aucun travail de réformation et d'appropriation n'a jamais été fait à l'indépendance supposée, et qui suscite donc un réflexe de rejet de la part de ceux qui se font inconsciemment un devoir presque patriotique de le saboter au travers d'actes multiples et variés comme la corruption, le détournement des fonds, et même une médiocrité décomplexée. Des actes qui étaient vus comme de bravoure sous l'occupation coloniale, mais qui ont survécu à l'occupant occidental... Ce rapport conflictuel à l'État n'est d'ailleurs pas le propre des Kongomani. Il se vérifie dans tous les pays issus de la colonisation. Il est frappant de voir que dans des pays comme le Canada ou les USA, les «citoyens» de ces pays entretiennent une haine nourrie contre leurs gouvernements. Tout ce qui y est publique est suspect, voire méprisé. Des écoles aux financements, en passant par les hôpitaux, etc. Tout le contraire de leurs métropoles qui sont des États providences comme la Belgique. Le Canada, malgré ses immenses ressources naturelles, est une machine sophistiquée d'imposition. Le seul domaine d'excellence du Canada en matière de conception et d'organisation, c'est la perception des taxes. Alors que le pays, qui importe tout et exporte toutes ses ressources, ne produit pas la moindre allumette. Pas la moindre aiguille made in Canada. Les USA quant à eux, s'ils exportent même la mort, sont un «État» incontestablement policier où prévaut une culture judiciaire carcérale sans doute inégalée. Des taxes vues comme inconstitutionnelles par des observateurs avertis sont perçues par une organisation dont la légalité en tant qu'institution pose également question. Les «citoyens» perçoivent, sans doute à juste titre, l'État comme un véritable Léviathan qu'ils ne souhaitent en aucune manière voir intervenir dans leurs affaires privées. En présumant d'une vertu que le même État n'a évidemment pas induit en eux, Ils pensent que le secteur privé auquel ils s'identifient, est à même de répondre à leurs besoins de quelques natures. En se confiant aux lois d'un marché annoncé comme libre, mais qui ne l'est pas en réalité. Car, ce sont des oligopoles qui font la loi. Au propre comme au figuré. La boucle de l'enfer de la servitude coloniale d'origine, qui n'est pas seulement réservée aux noirs, est bouclée sur ces «citoyens». Des citoyens jaloux de leur liberté qui opposeront bec et ongle la gratuité de l'enseignement supérieur que leur proposera une députée d'origine somalienne ou encore l'universalité des soins de santé d'un président d'origine kenyane. Toutes deux perçues comme communistes par une population malade dans son âme, car liée par les chaînes invisibles de l'idée coloniale qui fonde sa société. Tant que le nègre au KONGO se définira par rapport à cette aventure commerciale imaginée par son oppresseur, en allant jusqu'à affirmer par son philosophe de service que la seule chose que les «Congolais» ont en commun, ce sont les mains coupées que leur a imposé le sieur Léopold, aucune issue favorable ne sera trouvée à son sort dans ce projet infernal.

La statue de Léopold II et celles de ses compagnons d'infortune rangées dans un coin perdu de Kinsahasa. Dans l'arrière cour d'une habitation. À l'abris du regard de la population.

Le KONGO n'est pas l'oeuvre de Léopold II, ni directement ni indirectement. Nous le mettons au défi d'apporter la preuve légale du contraire. Les mains coupées de Léopold, des ancêtres à Rossy Tshimanga, en passant par Lumumba, ne sont pas le fait fondateur des Kongomani. Ni du KONGO. Oeuvre de la Providence aux frontières naturelles sans doute les plus consistantes du monde, tracées de la main même du Créateur, le KONGO, par son peuple, s'étend au-delà de ces frontières pour embrasser le Grand KONGO. Dans une incontestable homogénéité linguistique, génétique et ethnique qui scelle invinciblement son unité à l'intérieur de telles frontières. Dans la riche diversité des us et coutumes qui caractérise les uns et les autres autour d'un même fondement culturel.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire.
















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