Grands Lacs: Ubuhake, Théocide et Apologie. Lettre ouverte à un savant.

Updated: Dec 21, 2019

Cher Professeur Coovi,


J'ai suivi intégralement sur YouTube, avec un grand intérêt, votre présentation de quatre heures du livre de Thomas Kanza sur Patrice Lumumba.


Je vous informe que je viens de prendre la décision de retirer de la galerie des personnalités marquantes de mon blog l'image du Sech Coovi Rekmire. Celui qui trônait fièrement dans ce panthéon avec les Chekh Anta Diop et autres Sankara.


J'ai noté dans cet exposé, comme dans d'autres depuis un certain temps, une contradiction et un déviationnisme que je me dois de relever.


Faire l'apologie de Paul Kagame et en même temps fustiger les Kongomani au motif qu'ils n'aimeraient pas un Rwandais à la tête de leur pays, le tout au nom d'un certain panafricanisme, sont autant des raccourcis historiques indignes de l'érudition dont le professeur Coovi nous avait habitué.


Sech Coovi Rekmire

Si Paul Kagame ferme les églises de la coalition dite chrétienne pour des raisons discutables, cela peut s'entendre. Là où le bât blesse, c'est lorsque le même Kagame est sans doute le seul sur le continent à autoriser une Église dite de Satan à opérer légalement au Rwanda. Une Église satanique que le professeur Coovi qualifierait de Sethienne...


Il me semble qu'il y a là une contradiction fondamentale pour celui qui est au fait de ce qu'il appelle la perte de l'initiative historique par le nègre.


En effet, au-delà de la question de l'apologie à Kagame, ignorer la nature profonde de la véritable chasse à l'Homme muntu dans les Grands Lacs par celui qui est présenté comme le leucoderme à peau noire par ses parrains, c'est faire preuve d'une légèreté intolérable de la part d'un savant kémitologue du calibre de Coovi.


Faut-il rappeler au professeur Coovi que les populations bantu du Rwanda reléguées au rang de serfs "hutus" - selon le lien de servage de l' Ubuhake institué au 15e siècle, et qui fait, depuis l'arrivée du leucoderme au 19e siecle, du hamite le seigneur tutsi - ont ceci de particulier qu'elles portent systématiquement dans leur appellation une référence à IMANA ? Contrairement aux tutsi qui portent des noms qui sont des constructions casuelles faisant généralement référence à des valeurs aristocratiques quand ils ont un sens. Sauf exception où le nom d'IMANA est utilisé de manière blasphématoire !



Pour le savant kémitologue, une telle observation devrait revêtir une importance cruciale dans la compréhension de la guerre qui est menée contre IMANA dans les Grands Lacs aujourd'hui. Comme hier dans la vallée du Nil...


Lorsque Kagame décide de faire fermer les Églises au Rwanda, ce n'est pas tant par souci d'ordre. Mais par mépris de la religiosité des bantu dits hutu qui finit par affecter même les «tutsi». Lesquels tutsi se retrouvent aujourd'hui partiellement dans une opposition sur le point de s'armer. Dans ce contexte, un discours de vérité qui pourrait venir de quelques prédicateurs plus ou moins inspirés, dans l'environnement foncièrement mensonger de l'épopée de 1994, est la seule préoccupation de «l'homme fort de Kigali».


Ignorer le détail de taille sur la guerre faite à IMANA pour verser ensuite dans une apologie du plus grand crime qui soit, qui est celui du théocide, c'est effectivement faire preuve d'un déviationnisme déplorable.


Là où la contradiction devient lamentable, c'est quand le même professeur reconnaît, dans le même exposé, l'importance de récupérer cette chrétienté suivant lei modèle éthiopien et les recommandations de Garvey, pour la renaissance noire. Ce d'autant plus que l'origine Osirienne de cette religion ne fait aucun doute.


«Le mauvais flair a conduit le chien dans le repère du léopard.» Proverbe rwandais.

Nonobstant, comme le soutient le Sech Coovi, la récupération pharisienne et maçonnique du fait chrétien par Paul de Tarse et aussi les puissances de ce monde, si une telle apologie à l'autre Paul doit être au nom du panafricanisme et de la science, il faut reconnaître qu'il s'agit ici d'un panafricanisme opportuniste, de récupération, et d'une science idéologique. Ceux qui s'adaptent à des visées politiques primaires de type occidental, très éloignées des principes d'équité et de vérité censés guider notre quête de liberté. Des principes qui découlent de la Maât que nous avons à cœur de faire rayonner du cœur de la Terre des noirs. Dans l'ensemble de cette humanité.


Le Panafricanisme de Lumumba n'a pas vocation à voir, ni les Kongomani ni aucun peuple d'ailleurs, réduits dans la servitude de l'Ubuhake que les dirigeants rwandais actuels ont tenté d'exporter jusqu'aux confins du Kongo occidental dit Brazza en y reléguant les «hutu» qu'ils associent à tous les bantu de la région. Tout en se posant en seigneurs.


S'arrêter sur les postures de Kagame lorsqu'il propose une zone de libre échange pour mieux asseoir sa domination féodale, en s'imaginant que la marionnette du Pentagone serait le nouveau Sankara, au point de lui vouer un culte plus ou moins voilé, est pathétique pour ce qui est supposé être la crème de la crème de l'intelligentsia noire.



Bukoko IKOKI,

Citoyen ordinaire.














As of The Sun of Righteousness, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.




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