Échec des politiques: CNS, La voie incontournable au KONGO.

Updated: Apr 27, 2019


Un proverbe sénégalais enseigne que si tu ne sais plus où tu vas, retourne d'où tu viens.

Aujourd'hui au Kongo, il existe une crise indéniable de crédibilité de la classe politique. La ligne de LAMUKA qui consiste à réclamer la réorganisation des élections avec une classe politique irrémédiablement minée est non seulement irréaliste, mais elle est aussi surtout inappropriée. Une refondation du système est nécessaire.


En 1996, Mze Laurent-Désiré Kabila aurait déclaré qu'il avait choisi la voie des armes parce que la Conférence Nationale Souveraine avait été sabordée. Il est vrai que le rôle trouble qu'avait joué l'Église catholique au lendemain de cette constituante, après l'avoir soutenue et conduite de main de maître, avait plongé le pays dans une confusion qui avait fait le lit de l'invasion du pays.


Pourtant, en 1990, à l'occasion des pressions intenses exercées contre le Maréchal pour la tenue de cette constituante, le Professeur Lihau avait tiré la sonnette d'alarme. Professeur de droit constitutionnel aux universités de Harvard et de Kinshasa, qui nous a quitté il y a exactement 20 ans jour pour jour, Lihau Ebua avait clairement expliqué que l'origine des problèmes au KONGO tenait au fait que depuis 1960, ce pays évoluait d'illégalité en illégalité. C'était l'époque où il était permis d'être brillant et membre de l'UDPS en même temps...


Le professeur Lihau Ebua.

En 1991, un autre juriste, Me Abdoulaye Wade, invité à l'époque comme facilitateur dans la crise politique entre Mobutu et Tshisekedi, avait déclaré quant à lui que les congolais n'avaient pas de culture politique. Dépité sans doute par les réactions épidermiques, les revirements spectaculaires et autres volte-face de la classe politique du Zaïre de l'époque. Il est vrai que par la suite, l'Histoire a quelque peu rattrapé le même Me Wade qui n'était plus exactement un modèle en matière de culture politique une fois arrivé au pouvoir.

Aujourd'hui, avec la farce électorale qui a eu lieu en RDC sur fond d'un arrangement ayant abouti à une alliance contre-nature qui a produit les incongruités que l'on observe, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne sait pas où va ce pays. Les conciliabules ne sont clairement pas une voie de résolution des problèmes pour des gens qui sont très portés à renier leurs engagements, à violer les textes, etc. Par manque de culture politique et même simplement du respect de la parole donnée. Des mécanismes plus contraignants au-delà des acteurs politiques sont donc nécessaires.


Tshisekedi et Mobutu en 1997 peu avant sa fuite.

La majorité écrasante que s'est fabriquée la Kabilie au Sénat comme à l'Assemblée nationale, sauf cécité aggravée, indique clairement que l'on chemine vers un changement de la Constitution. Le rêve caressé de la Kabilie de voir au KONGO un système angolais ou sud-africain, où le parti au pouvoir désigne le Chef de l'État, semble prendre forme. L'abolition d'un suffrage universel direct trop lourd pour une triche allégée semble être la grande préoccupation des signataires du FCC pour une conservation du pouvoir dans la durée. Avec un risque d'ancrage tout aussi durable de la corruption. Comme en Angola.


Les ambitions démesurées de la Kabilie se basent sur l'illusion qu'elle aurait obtenu le pouvoir au Kongo par la voie révolutionnaire, à l'image du MPLA ou de l'ANC. Et que donc, à ce titre, il est normal que le butin du pouvoir soit conservé dans son escarcelle. Or, le KONGO n'est pas l'Angola. Encore moins l'Afrique du Sud. Si les sudafs et les angolais ont mené une guerre véritablement révolutionnaire contre l'Occident, le conglomérat d'aventuriers de l'AFDL, pour reprendre les termes de celui qui s'était présenté comme leur porte-parole, arrive au pouvoir par une campagne de pillage organisée par l'Occident. Nonobstant des épisodes anecdotiques impliquant dans un passé lointain un Che Guevara, du reste, dépité par l'incurie et l'indiscipline de ces révolutionnaires du dimanche. On est loin du face-à-face de Castro contre les troupes sud-africaines mises en déroute en Angola malgré le soutien massif du grand satan américain.


Fidel Castro

Contrairement à l'Angola qui avait mené une vraie guerre de libération, la guerre afdélienne est une guerre de maraudage minier. Un pillage teinté de relent colonialiste et féodal sur fond d'un racisme où les populations hamites communément appelées tutsi devaient soumettre les bantu de la région pour son contrôle. Cette guerre étrange se termine par une négociation à Sun-City en Afrique du Sud pour un partage du gâteau en 2003. Depuis sa victoire aux élections contestées à l'arme lourde en 2006, la Kabilie a estimé qu'elle n'avait plus de compte rendre ni aux Hommes, ni à l'Histoire, ni à DIEU.

Contrairement à l'Afrique du Sud qui est passée par une commission Justice, Vérité et Pardon, avant la case partage du gâteau, la RDC n'était pas passée par cette thérapie de groupe pour exorciser les démons de la légèreté et de l'indolence de l'époque mobutienne, avant ceux de la médiocrité, de la barbarie et de la démence qui ont élu domicile dans le pays depuis l'arrivée des afdéliens.


Les conséquences de cette négligence, dont les politiciens ont pensé qu'ils auraient pu profiter en privilégiant la voie du partage du gâteau, conduisent à la situation rocambolesque que traverse le KONGO aujourd'hui. Avec un pouvoir qui risque d'asseoir sa médiocrité pour longtemps et un président de la République énigmatique, issu d'une opposition à la représentativité fantaisiste, qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tant le Ciel, qu'il a trahi dans toutes les langues connues et même inconnues de la RDC, semble lui avoir définitivement tourné le dos.


Matanda et Fayulu à la CNS.

Face à cette confusion aux conséquences explosives, un retour volontaire à la légalité de la Conférence Nationale est la seule voie raisonnable pour éviter les douleurs d'une nouvelle intervention armée qui aura cette fois à cœur la tenue d'une constituante...ou pas.

La démarche de LAMUKA qui consiste à rechercher la réorganisation des élections dans un système éminemment corrompu est d'un surréalisme qui n'a d'égale que la voracité d'une logique politicienne du ôte-toi de là que je m'y mette ou celle du partage d'un gâteau que personne ne veut partager. Une démarche de politique politicienne totalement dépourvue de vision pour la nation.


La CNS est la seule voie autorisée pour sortir de l'imbroglio dans lequel le pays s'est enfermé depuis sa dernière fin sabordée.


D'abord parce qu'elle doit nécessairement faire le point sur les 21 années de la rébellion avant de faire un pas supplémentaire dans le cheminement collectif de la nation. Les leçons doivent être tirées, des mesures appropriées doivent être prises.


Étienne Tshisekedi et Jacques Matanda à la CNS.

Ensuite parce qu'un changement de la Constitution est un impératif. Les institutions doivent être revues avec notamment comme priorité, l'abolition de la monarchie présidentielle. Avec l'implémentation d'un régime parlementaire moniste, voire d'assemblée, afin d'éviter les travers de 1960 d'une part et ceux du modèle colonial de gouvernement d'autre part. La question de la désignation du Chef de l'État par un scrutin indirect sera abordée avec la possibilité qu'une telle désignation se fasse par cette constituante qui réunirait la société civile, les institutions publiques et les partis politiques. De ce point de vue, elle devra se dérouler de manière cyclique de manière à intégrer le modèle occidental au modèle démocratique africain de la palabre.


Pour cela, un recensement vital doit être réalisé. Un référendum doit être tenu. Et des élections peuvent enfin être planifiées. Cela implique la mise en place par la même CNS d'une autre Commission électorale si on la veut indépendante. Une autre Cour constitutionnelle dont l'indépendance sera aussi garantie par la CNS pour aller jusqu'au bout de l'idée de Justice.


Et pour aller jusqu'au bout de la Vérité, les scrutins envisagés doivent être sécurisés par les dernières technologies appropriées. Des technologies réputées inviolables. Nous pensons ici au Blockchain, à la biométrie et à la cryptographie. Une loi électorale adaptée devra intégrer ces technologies avec en vue la généralisation des pratiques référendaires, dont celle d'initiative citoyenne en particulier. Des pratiques que ces technologies rendent enfin possibles.


Monseigneur Monsengwo lors de son élection à la tête du bureau de la Conférence Nationale Souveraine.

En résumé pour conclure...

Pour revenir à la situation actuelle d'imbroglio, en guise de conclusion, seule donc une CNS, avec le changement de la Constitution comme un des objectifs, pourra mettre tout le monde d'accord.


En effet, Tshilombo a un problème réel devant l'Histoire. Il n'est pas porté par le suffrage universel (Art 5: le suffrage est universel, égal et secret). Beni, Butembo et Yumbi ne l'ont pas voté. Demain, l'Histoire pourra revisiter sa légitimité et mettre à néant son mandat pour de multiples raisons. Seule une CNS peut restaurer son mandat et le libérer de la tutelle du FCC.


La Kabilie ne rêve depuis longtemps que du changement de la Constitution et d'un scrutin indirect à la sud-africaine pour l'élection du président. Elle doit comprendre que pour l'avoir, les sud-africains sont passés par une commission dite Justice, Vérité et Pardon. Personne ne laissera Nangaa organiser un référendum avec des machines à voter pour rire.


A Blockchain artistic depiction with the Bitcoin symbol.

Fayulu veut récupérer son mandat. Seule une CNS pourra l'établir comme Chef de l'État. Comme elle l'a fait en établissant Étienne Tshisekedi premier ministre en 1992.

Au bout du mandat actuel de Tshilombo, avec le changement de la Constitution, Fayulu pourra être désigné par la constituante président de la République à la lumière des résultats des dernières élections et être confirmé par référendum.

Bemba, Katumbi et autres Matungulu n'ont pas intérêt à aller à des élections organisées par Nangaa. Avec la modification de la Constitution et l'abolition de la monarchie présidentielle, un retour à un régime parlementaire, mais strictement moniste, consacrera le premier ministre comme le détenteur réel du pouvoir exécutif. Les ambitions des uns et des autres seront désormais tournées vers la fonction de premier ministre en lieu et place de celle de président qui sera honorifique.

Durant ce mandat de Tshilombo, il faudra réorganiser des élections sérieuses. Pour cela, il faudra un recensement. Ensuite un référendum sur la nouvelle Constitution et la validation de la CNS. Et donc une nouvelle CENI et de nouvelles technologies inviolables du Blockchain comme en Sierra Leone. Un parlement reconfiguré en un Haut conseil de la République avec les trois composantes de la CNS également représentées. Une Cour constitutionnelle restructurée et même un gouvernement d'union nationale pour la période de transition.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire

















As of Christ, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.




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