KONGO, LIKAMBO YA MABELE: Quelle politique de la Terre dans la 4ème République? Réponse à MUZITO.

L'implémentation de la vision de KIMBANGU de trois pouvoirs et la sacralisation de la gestion de l'État par la restauration du pouvoir coutumier et la consécration formelle de la terre comme matrice inaliénable de l'âme du Muntu pour son épanouissement. Au travers de l'instauration d'un système parlementaire tricaméral avec une chambre basse des politiciens, une chambre haute des savants et une chambre ancestrale des autorités coutumières authentiques. Avec l'intégration des rituels traditionnels de la Vérité comme outil imparable de la régulation de la vie politique. En vue de l'établissement d'une crédibilité inégalable de l'État comme atout principal de l'émergence du pays.



Autres fois vaillant, respecté voire craint, le KONGOMANI est aujourd'hui la risée du monde...


C'est avec effarement que nous avons suivi les déclarations d'Adolphe MUZITO lors de sa rencontre, cette semaine, avec quelques chefs coutumiers basés à Kinshasa. Des déclarations démagogiques, à la fois d'une incroyable malhonnêteté intellectuelle et d'une gravité extrême pour la sécurité nationale du pays.


En effet, dans son interaction avec son audience, on se demande du reste à quel titre, le sieur MUZITO déclare, pince sans rire, que les chefs coutumiers en RDC sont des propriétaires terriens. À ce titre, ils sont, avec leur rejetons, des rentiers, voire des capitalistes, des récipiendaires du profit des investissements apportés sur une terre qui leur appartiendrait, d'après la trouvaille de l'ancien premier ministre de KABILA. Il ne s'arrête pas en si bon chemin. Il appelle de tous ses vœux, l'instauration en République démocratique du Congo d'un système féodal... Un système féodal qui consacrerait la domination de ses chefs coutumiers sociétaires sur des citoyens qui deviendraient des sujets réduits à l'état de serfs voués à l'entretien de leurs têtes couronnées!


Les chefs coutumiers sont-ils des propriétaires terriens?


Lorsque MUZITO affirme une telle chose, la question qu'on doit se poser, c'est de savoir à partir de quel moment précis dans notre histoire, la terre est devenue une marchandise. Subsidiairement, MUZITO doit nous expliquer d'où ses propriétaires terriens tirent-ils leurs titres de propriété. Et suivant quel système légal ?


Il va de soi que les idées soutenues par MUZITO ne reposent sur aucun fondement sérieux. Étant donné que, dans nos traditions - et un chef coutumier l'a rappelé à la sortie de sa rencontre avec cet ancien premier ministre -, les chefs coutumiers sont le pont qui nous relie aux ancêtres. D'après les mêmes traditions, les ancêtres sont autant ceux qui nous ont quittés, mais qui ne sont pas morts, puisque nos morts ne sont jamais morts, que donc ceux qui reviendront. De ce point de vue, affirmer que ceux qui sont le pont entre nous, futurs ancêtres, et ceux qui nous précèdent dans le monde spirituel, sont avec leurs enfants les récipiendaires attitrés de la terre, semble être, à tous le moins, une blague de très mauvais goût, au pire, une escroquerie intellectuelle, voire spirituelle.


En effet, le sieur MUZITO doit faire preuve, soit d'une mauvaise foi intellectuelle radicale, soit d'une malhonnêteté tout aussi intellectuelle et extrême, pour ne pas savoir que les chefs coutumiers ne peuvent pas être à la fois des propriétaires terriens, au sens premier et commercial du terme, et les gardiens d'une tradition pour laquelle la terre présente indiscutablement un caractère sacré et qui donc prohibe sa commercialisation.


Une commercialisation apportée par l'homme blanc, dans une démarche largement dolosive, lorsqu'il s'approprie des pans entiers de terres en échange des bric-à-brac sortis de ses manches de prestidigitateur. Un tel modèle importé ne peut asseoir notre compréhension de la propriété de la terre.



Si Berlin 1885 sécurise l'espace de la vallée du KONGO contre la prédation de ses protagonistes, par une appropriation clairement questionable, obtenue hypothétiquement des mains des chefs coutumiers de MUZITO, il faut reconnaître que c'est par le peuple que la souveraineté dérobée a été reprise au travers du plébiscite de LUMUMBA et de la proclamation par lui de la République, avec les mots qui ont consacré dans l'Histoire la place du KONGO dans le concert des nations. Ce ne sont pas les chefs coutumiers qui arrachent cette souveraineté volée.


Le sol et le sous-sol appartiennent et appartiendront toujours à au peuple qui exerce sa souveraineté sur eux par le truchement de l'État. Certes, celui-ci doit être redéfini pour qu'il serve effectivement les intérêts de ce peuple. Notamment par l'établissement d'une filiation authentique qui le sorte des griffes du Léviathan léopoldien. Le fameux État moloki de Diongo qui détourne par une fraude historique avérée son origine véritable qui est celle de la fédération du KONGO. Pour se perpétuer jusqu'à ce jour de manière perverse par le principe de la continuité de l'État. Cependant, cet État perfectible jusqu'à sa restauration totale demeure le gardien de la souveraineté du peuple sur son territoire, et partant sa terre.


La féodalité est-elle une option pour le KONGO?


Il va de soi qu'une telle question ne se pose plus au vingt-et-unième siècle pour un esprit normalement constitué.


Mais au-delà de la blessure, l'insulte qui est faite à ce peuple, c'est de proposer un modèle de société qui est au cœur de l'indicible qu'il vit depuis une trentaine d'années, avec des millions de morts pour lesquels il n'a que ses yeux pour pleurer face à une communauté internationale à la fois complice et naturellement indifférente.


L'espoir de ce peuple est d'avoir une élite intellectuelle qui le défendrait sur le plan essentiel des idées, à défaut des moyens matériels conséquents dont les puissances occidentales assistées de leurs valets africains le privent. Il est attristant de voir une telle élite, si tant est qu'elle en est une, est plus motivée par des considérations affairistes que par une analyse des causes profondes de la guerre qui est imposée à ce peuple.


En effet, la question de la terre est au cœur des manipulations des puissances étrangères comme l'Union européenne et leurs multinationales de la mort. Des puissances qui visent systématiquement l'accès à la propriété effective de la terre, avant d'apporter dans des projets déjà consacrés par des contrats léonins leurs capitaux magiques provenant de leurs imprimantes laser! Des capitaux imaginaires dont semblent être particulièrement friands les dirigeants nègres invinciblement convaincus de l'omnipotence financière d'un Occident pourtant en déroute. En banqueroute. À défaut d'un accès libre à la propriété de la terre, des malheurs arrivent rapidement à des pays comme la RDC qui sont mis devant le fait accompli des rebellions et d'autres invasions qui de fait restreignent la souveraineté du peuple sur son territoire.



Répondre à ce problème de la terre, en défendant un système de féodalité qui a pour finalité de déposséder le peuple de sa terre en la confiant à des individus, c'est faire preuve, soit d'un cynisme politique digne d'un politicien qui se respecte, soit d'une naïveté indigne de l'homme d'État pour lequel on voudrait se faire passer.


En défendant l'idée d'une féodalité en RDC, le sieur MUZITO a démontré son ignorance débordante des causes lointaines de la guerre dans les Grands lacs.


Il est effrayant de voir un intellectuel congolais - puisque MUZITO peut être considéré comme tel du fait de sa production intellectuelle prolifique dans ses tribunes politiciennes - vouloir entrer en guerre contre le Rwanda sans connaître la signification des mots Hutu et Tutsi à l'origine de l'inimaginable dans notre pays.


Pour l'intellectuel congolais, qui ne raisonne finalement que par rapport à son unique repère du tribalisme, Tutsi et Hutu renvoient forcément à deux tribus fâchées du Rwanda. Alors qu'il s'agit en réalité de deux castes associées par un lien de servage appelé Ubuhake en nyarwanda. Celui auquel les Allemands et les Belges ont ajouté une dimension raciale. En décrétant, par les théories eugénistes du 19 ème siècle promues par les Français, que les seigneurs Tutsi devraient être de la race hamite reconnue comme caucasoïde et proche de la race caucasienne des Européens. Tandis que les congoïdes Bantu seraient les Hutu. Les effets de ce racisme sont encore visibles aujourd'hui dans un monde occidental où la voix des KONGOMANI a du mal à porter malgré les violences indicibles dont ils sont victimes. Alors que toutes les attentions sont dirigées vers un Rwanda éternellement victime d'atrocités avérées ou alléguées. Factuelles ou fabriquées.


Il est révoltant que le sieur MUZITO, dans sa conquête politique pour un pouvoir aux relents visiblement absolutistes, propose un modèle de société qui endeuille encore à l'heure qu'il est le pays. Sa tentative de masquer son sinistre projet derrière l'intérêt du groupe au travers du clan trahit en réalité une logique de replis identitaire qui cache mal une volonté politicienne de division et de manipulation. La même manipulation qui établit par une violence inouïe les privilèges d'une aristocratie Tutsi qui s'arroge systématiquement des postes ministériels dans tous les gouvernements, sans en avoir la représentativité.


Quid des chefs coutumiers? Faut-il brûler les autorités traditionnelles ?


La politisation de la sphère coutumière est à notre sens le péché originel à la base de tous les maux dont souffre le KONGO aujourd'hui. L'expérience récente de Kamwina Nsapu est une illustration didactique dans le chaos que l'on observe de manière générale. Une telle politisation procède véritablement de l'infection du logiciel du nègre qu'est sa culture. Avec la compromission de sa culture, le nègre est incontestablement perdu, livré à la domination de ses ennemis et même de leurs valets. Pour trouver une parade à ce problème, il se tourne vers une culture religieuse proposée par son bourreau dans laquelle il accepte une place de brebis... Pour finir dans un holocauste. Au grand bonheur de l'ennemi de son âme qui tire un profit de taille biblique sur l'exploitation qui découle de cet holocauste, au travers notamment des «progrès» de son industrie.


Une stratégie de restauration culturelle, voire de révolution culturelle, est plus que nécessaire pour sortir ce peuple du gouffre dans lequel l'Occident l'enferme depuis plus de cinq siècles.



En ce sens, un constat que nous faisons dans cette série de réflexions sur le KONGO, est évidemment le manque criant de culture politique des Congolais, en sus du manque de culture tout court. Ce manque de culture politique qui culmine dans l'adoption bête et méchante de la démocratie athénienne avec les résultats que nous connaissons, appelle à une remédiation appropriée.


Nous proposons l'instauration du système parlementaire tricaméral.


Dans celui-ci, la troisième chambre, en plus de la chambre basse des politiciens et de la chambre haute des savants, sera la chambre ancestrale des Nkumu. Elle comprendra l'ensemble de chefs traditionnels des toutes les tribus constitutives de la vallée du KONGO. Dans les attributions bien comprises de leurs pouvoirs exclusivement traditionnelles. Étant donné l'objectif de dépolitisation du système de gouvernance que nous introduisons. Les Nkumu sont dûment vérifiés par rapport à l'authenticité de leur lignée ancestrale. Les lignées des imposteurs du pouvoir d'occupation coloniale ou des rebellions doivent être écartées sans ménagement et poursuivies judiciairement.


Le rôle de cette chambre est d'établir la caution morale et ancestrale des actes engageant l'État. Faute d'une telle caution, tout acte est nul et non avenu. De ce point de vue, les membres de cette chambre valident les mandats des élus, des mandataires et des responsables politiques de l'État central. Gouvernement comme assemblée nationale. Ainsi que les mandats des autorités judiciaires. Ils certifient au nom des ancêtres les décisions de Justice, les lois, les arrêtés, les décrets et les ordonnances. Ils reçoivent les serments des hauts responsables de l'État. En commençant par le président de la République. Le serment prêté devant la Chambre des autorités coutumières, comme toute déclaration faite devant eux, est effectué suivant un rituel traditionnel soumis à un respect absolu de la Vérité. Les agents de l'État, les magistrats, les mandataires et les gouvernants sont tenus à l'obligation de Vérité dans tout acte posé par eux au nom des ancêtres et de DIEU. Toute transgression de cette obligation de Vérité est sanctionnée par les conséquences mystiques bien connues de nos traditions.



Pour un peuple qui n'a pas de culture politique, qui ne se sent en rien lié par sa parole donnée ou par sa signature apposée dans le cadre d'un accord ou d'un traité, il ne fait aucun doute que l'intégration de cette dimension du sacré dans la gestion de l'État contribue à moraliser et à structurer la vie politique débridée de la RDC.


Une conséquence palpable de cette démarche est incontestablement le gain en crédibilité des institutions de l'État. Avec la Justice en premier. Un tel gain de crédibilité est le gage indiscutable de l'émergence économique du pays. Il va de soi que le plus grand problème du «Congo», c'est le congolais. Par son manque d'ordre, d'organisation et de rigueur dans son interaction avec un État dont il porte, il est vrai, les séquelles mentales et génétiques d'une rare violence, la voie traditionnelle de réparation de l'Homme KONGOMANI et de son État est une thérapie aux résultats incontestables, dans sa capacité à atteindre l'âme humaine.


Le pire crime de l'Église catholique, outre son décret de la servitude perpétuelle des nègres par sa bulle papale Romanus Pontifex du 8 janvier 1454, est sans doute l'endormissement mystique de nos ancêtres dans l'espoir d'une hypothétique résurrection. Nous coupant ainsi de la chaîne de nos messagers qui mènent directement à notre DIEU. Pour les substituer par des ancêtres gaulois désignés comme des saints. Des saints qui n'ont pas nécessairement à cœur notre libération des griffes de Romanus Pontifex.


La restauration de la chaîne spirituelle des ancêtres établis dans la droiture et leur divinisation, comme intermédiaires auprès de DIEU, est une nécessité impérieuse pour la libération et la restauration du nègre.


IKOKI Bukoko Bwang Kambondji, Citoyen ordinaire.










 
Rejoignez-nous sur Telegram
 

As of The Sun of Righteousness, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.




8 views0 comments