KONGO: Quelle fiscalité pour la quatrième République?

Updated: Apr 17

Ni enfer féodal ni paradis fiscal. Il n'y existe ni RAM ni UBUHAKE. Le KONGO est un paradis. Le Paradis sur Terre.


On croît rêver en entendant le ministre des finances exposer ses projets en matière d'augmentation de l'assiette fiscale en RDC.


Après le scandale du RAM, cet impôt indirect clandestin perçu directement sur le téléphone des abonnés désabusés par un parti qui s'était donné pour slogan «le peuple d'abord», cette sortie du ministre des finances lors de son séjour à Washington laisse un goût amer sur, non seulement ce régime, mais sur la politique en général.


La propension avec laquelle le nègre s'exerce à singer des idées fabriquées et répandues par le blanc pour son propre intérêt suscite désormais une inquiétude vive, quand on s'interroge sur l'état de l'âme de ce nègre.


Le sieur Nicolas Kazadi, ministre des finances de son état, même si sinistre des finances semble une désignation plus appropriée, soutient qu'il est anormal que les multinationales qui produisent la richesse en RDC soient les seules à être taxées. Tandis que le peuple ne paie rien et qu'il va jusqu'à verser dans le détournement des deniers publics... On croît rêver.



Il poursuit en évoquant l'exemple de la Belgique. Ça doit toujours venir de la Belgique. Il explique qu'en Belgique, il existe une population de 7 millions d'habitants pour 18 millions de comptes imposables. Alors qu'en RDC, ce nombre s'élève à 200 mille pour une population de 90 millions d'habitants. Il qualifie cet état des choses de vaste blague auquel il entend absolument remédier. Dans sa réflexion profonde, il va jusqu'à invoquer le Bénin comme modèle pour la RDC au motif que ce pays, comme la Belgique, ne dispose absolument de rien!


Cet argumentaire procède d'un paradigme occidental universellement répandu. Celui qui veut que l'on recourt à la taxation pour donner à l'État les moyens de mener ses politiques au profit de la population. Dans les pays occidentaux ou d'obédience occidentale, pour s'en convaincre, des infrastructures, des écoles, des hôpitaux, et d'autres services publiques en tous genres, sont généralement exhibés.


La tentation est forte même pour des esprits parfaitement cartésiens de se rendre à l'évidence de ce que cette politique dite de taxation, mieux cette culture d'imposition, n'est pas seulement nécessaire, mais elle est une preuve de citoyenneté. Voire de civilité, que de contribuer aux dépenses de la communauté.


Il y a cependant un problème avec cette conception universellement enfoncée dans les crânes avec la force d'un taureau d'une persuasion toute occidentale. Pour un pays comme la France, qui n'a de ressource naturelle que le camembert ou encore la patte de grenouille, pendant que la Belgique se voue à la frite, on peut comprendre que ces sociétés d'origine féodale ne recourent qu'au seul modèle qu'elles connaissent. Celui de la servitude féodale qui consiste à pourvoir aux besoins du suzerain en échange de sa protection. Dans ces sociétés, aujourd'hui, l'État remplace le suzerain. Et le serf devient le contribuable, ou pire «le payeur de taxe» dans les sociétés anglo-saxonnes.



Jusque-là, tout semble parfaitement logique, car à l'impossible nul n'est tenu et la belle Europe ne peut offrir que le modèle qu'elle a. Celui des esclaves, des serfs, des prolétaires, des citoyens ou des roturiers, des nobles et des seigneurs, etc. Là où cependant le bât blesse, c'est lorsque des pays immensément riches en ressources naturelles comme le Canada recourent à un tel modèle féodal pour baser l'essentiel de leurs revenus sur la taxation des individus. Allant jusqu'à entretenir pour cela toute une culture visant à ménager les multinationales qu'on y considère comme génératrices d' «emplois». Eux-mêmes générateurs d'impôts si chers à un État Léviathan canadien bâti sur le sang des autochtones. Comme son jumeau Léopoldien. On est plus dans une logique féodale européenne. On est en plein délire esclavagiste caractéristique de l'Amérique du nord et des colonies en général.


Le passé colonial douloureux du KONGO, avec tous les abus qui ont durablement affecté le psyché du nègre, devrait nous prédisposer à nous interroger sur le bien-fondé des pratiques issues de cette période obscure. Or, malgré une telle douleur d'une expérience qui nous a ôté jusqu'à notre dignité humaine, nous refusons résolument de faire l'effort intellectuel de réfléchir sur nos choix. Nous adoptons avec une complaisance presque criminelle tout ce qui vient d'ailleurs, même au détriment de nos intérêts les plus fondamentaux. Par paresse, ou pire, par abdication intellectuelle? Difficile de savoir.


Le modèle canadien est, à bien des égards, celui qui est réservé au Congo. Celui d'un esclavage qui ne dit pas son nom. Au profit d'un souverain, incidemment de la même famille des Saxe-Cobourg Gotha. Celui qui possède l'ensemble des richesses au travers des multinationales et des banques détenues par sa cour. Selon une idéologie pondue sur mesure par Rousseau qui déclare dans son contrat social que les pays énormes comme le Canada doivent voir leurs richesses mises à la disposition de la royauté pour sa convenance personnelle. Car, ils n'ont pas vocation à être des démocraties à cause de leurs dimensions... Allez-y comprendre quelque chose.


Le KONGO qui a payé le prix du sang à cette royauté rapace n'a pas vocation à reproduire de telles absurdités, en plus d'avoir remboursé dès 1955 aux bailleurs de fonds de Léopold 2 le quadruple de ce qui leur était dû. Nous n'oublions pas non-plus les propriétés mobilières et immobilières du KONGO extorquées par l'État belge à la veille de la proclamation de la République. Des biens spoliés du fameux contentieux belgo-congolais évalués aujourd'hui en milliers des milliards de dollars américains.


Le KONGO dispose des richesses incommensurables qui mettent son peuple à l'abri de tout rançonnement féodal. Nonobstant l'activisme d'obscures évangélistes économiques de l'Occident qui instrumentalisent leurs âmes damnées formatées dans leurs hautes écoles pour dressage des perroquets. Pour reproduire ces modèles dans leurs pays. Pour les consolider sur le plan international. Ce, de manière à maintenir des nations entières dans les filets de la dépendance financière et de la servitude associée. En allant jusqu'à détruire militairement des modèles économiques qui échappaient à leur domination. Comme celui de la Libye. Au nom d'une intervention «humanitaire»!


Pourtant, ce modèle féodal de capitation n'est pas le seul qui existe en ce bas monde. Des pays existent, avec des infrastructures et un niveau de vie supérieurs à ceux des pays occidentaux croulant sous le poids de leur fiscalité moyenâgeuse, qui ne recourent pas à ce modèle.

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