Au Rwanda, L'appellation Tutsi est illégale: Lettre à un député congolais.


«Honoré d'avoir pris la parole au lancement de l'asbl ISOKO qui réunit la communauté Tutsi.» Patrick Muyaya.

Cher monsieur Patrick Muyaya,


C'est avec une profonde consternation que nous avons pris connaissance récemment de la création en RDC d'une association dénommée ISOKO regroupant la communauté dite Tutsi.


C'est en revanche avec dépit que nous avons constaté votre présence en tant que législateur lors de la cérémonie de la présentation de cette association.


Cela pour la simple raison qu'une telle association pose véritablement question quant à sa légalité. En termes de respect de la Constitution et des lois de la République.


En effet, comme législateur, vous n'êtes pas sans savoir que le mot Tutsi auquel cette association fait référence, s'il est banni dans l'un de deux pays d'où il tire son origine, en l'occurrence le Rwanda, son usage en RDC doit à tout le moins être rendu caduque. Étant donné que la seule prononciation de ce mot au Rwanda est passible d'une peine d'emprisonnement, assortie sans doute d'horribles actes de torture, pour idéologie génocidaire.


De surcroît, lorsque l'on considère le sens étymologique de ce mot, on observe incontestablement qu'il se met en porte-à-faux avec la Constitution de la République qui garantit l'égalité à ses citoyens ainsi que le respect de la dignité humaine consacrée par la déclaration universelle des droits de la personne humaine à laquelle la RDC adhère.


Or, contrairement à la perception générale, le mot «Tutsi» n'est nullement une ethnie, une tribu ou un clan. Il renvoie à un système de castes organisé par une institution appelée UBUHAKE en KINYARWANDA. Laquelle institution établit un lien de servage entre les castes appariées des Tutsi et des Hutu. Là où ces derniers sont faits serfs des premiers qui sont reconnus comme seigneurs.


La question que nous souhaitons vous poser dès lors est de savoir en vertu de quel principe l'institution de l'UBUHAKE peut-elle être tolérée dans la République? Lorsque vous consacrez une communauté des Tutsi définie comme celle des seigneurs, quel rang attribuez-vous au reste de la population de la RDC?



Cher monsieur, étant donné que la question de cette communauté est au cœur des crimes au niveau de violence indicible qu'a connus notre nation, la légèreté avec laquelle vous abordez cette question par la caution que vous apportez à une telle association, blesse notre âme d'humain aspirant à la dignité de sa personne. Elle est une insulte à la mémoire de nos millions des morts sacrifiés sur l'autel des idéologies antagonistes de deux mondes occidentaux qui se livrent sur notre terre une guerre qui ne dit pas son nom. Au Kongo comme ailleurs d'ailleurs. De la Somalie au Mali, en passant par la Libye. Une guerre menée par les puissances de la soumission féodale de ce monde contre les idéaux républicains de l'égalité, de la fraternité et de la liberté. Des idéaux adoptés par des pays qui sont aujourd'hui le théâtre de graves conflits. Des pays comme la RDC. Première puissance francophone au monde, s'il en est, susceptible de porter demain de tels idéaux. Après, bien entendu, l'échec patent de la France dans son égarement colonialiste.


Cher monsieur, nous osons espérer que dans votre travail de législateur, vous prendrez désormais toute la mesure de l'ampleur de cette question de la dignité humaine qui dépasse les frontières de la RDC pour embrasser indiscutablement celles de toute l'humanité.


Nous osons croire qu'avec vos collègues députés, vous prendrez conscience de la responsabilité de vos actes face à l'histoire et à la postérité. Une responsabilité qui va au-delà des considérations politiciennes mesquines auxquelles la classe politique de la RDC ne nous a que trop habitués.


Nous osons espérer que cette question vous donne la mesure de la nécessité d'une Commission Vérité, Justice et Paix telle que recommandée par le rapport Mapping et soutenue par le Dr. Mukwege, Prix Nobel de la Paix. Ce, avant de considérer tout rapport à établir avec les Banyarwanda souhaitant s'établir légalement sur le territoire de la République. Mieux, une Conférence nationale souveraine qui doit être convoquée pour faire le diagnostic de trente dernières années de guerres et proposer des solutions qui englobent les intérêts du peuple. Et non ceux des belligérants comme cela a été le cas à Sun City.


Recevez, cher monsieur, nos salutations patriotiques.


bukoko.ikoki@bushabola.com

Citoyen ordinaire.















As of The Sun of Righteousness, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.


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