André Mbata ou le triomphe du talibanisme intellectuel en RDC.

Il est le loin le temps où la jeunesse du KONGO pouvait être inspirée par un LIHAU Ebua, un NIMY Mayidika Ngimbi ou encore un KAMANDA wa Kamanda. Tous ces juristes qui ont fait avec tant d'autres, dans beaucoup d'autres domaines, la fierté du Zaïrois de l'époque.


C'est presqu'à en verser une larme quand on observe que la guerre qui a été menée contre le KONGO est en réalité une guerre d'abrutissement. Là où le système d'éducation lui-même semble aujourd'hui opéré par une élite intellectuelle qui rivalise désormais de fougue, de grimace, de talent oratoire dans le verbiage et le m'as-tu vu avec le monde musical congolais dans ce qu'il a de plus répugnant à présenter. Une élite universitaire faite des mercenaires au service d'un quidam inculte qui représente une insulte permanente à leur intelligence.



On croirait rêver en entendant le professeur Mbata de l'Université de Kinshasa, constitutionnaliste de son état, se muer en marabout pour prédire l'avenir en annonçant pince sans rire qu'en 2023 le président actuel, Tshilombo, sera réélu. Au nom d'on ne sait quel principe du droit constitutionnel. Le tout en prenant soin de dissuader avec une rare virulence tout Kongomani d'oser se prononcer sur les questions qui touchent à la constitution qu'il réserve aux seuls constitutionnalistes de sa convenance. Pire, pour l'expert de l'Union Africaine qu'il serait et qu'il aime rappeler à qui veut l'entendre qu'il l'est, même les autres juristes n'ont pas vocation à s'intéresser à cette constitution au motif qu'ils n'auraient pas reçu dans leur cursus académique un cours sur l'interprétation de la constitution qu'il est le seul à connaître en RDC.


Doit-on rappeler à ce professeur politicien que la Constitution a été faite pour le peuple et non pour les constitutionnalistes? Si son interprétation légale est exclusivement réservée à la Cour constitutionnelle, son exploitation pratique est le droit et même le devoir de chaque Kongomani qui doit s'en approprier à la fois la connaissance et l'usage. Comme au Venezuela de Hugo Chavez où chaque paysan dans le coin le plus reculé du pays détenait son exemplaire de la loi fondamentale. Car dit-on, dans un monde normal, qui n'est visiblement pas celui de MBATA et de sa secte des constitutionnalistes, nul n'est censé ignorer la loi. Le KONGO n'est pas Israël. Sa Constitution n'est pas une Torah dont l'interprétation est réservée aux seuls docteurs de la loi.


Me NIMY Mayidika Ngimbi

Là où le bât blesse, c'est lorsque l'individu, qui se présente de fait comme un docteur de la loi, alors qu'il se sert de son radicalisme doctrinaire pour dissuader de pauvres citoyens de s'intéresser à leur Constitution, profite de sa tribune d'universitaire pour faire boire à ce peuple des couleuvres intellectuelles qui ne résistent évidemment pas à l'analyse.


C'est ainsi que, pince sans rire à nouveau, le mollah de la colline inspirée soutient, d'après sans doute sa science légale, que le sieur KABILA devra préalablement mourir et ressusciter le troisième jour pour prétendre à une candidature à une future élection présidentielle. Il s'appuie pour cela, dans une lecture incroyablement tendancieuse, sur l'article 104 de la Constitution.


Au risque de susciter la colère du mollah de la Constitution, nous nous permettons de lire ledit article qui énonce entre autres:


«Les anciens Présidents de la République élus sont de droit sénateurs à vie.»


D'après ce professeur de droit constitutionnel, dans une vision absolument religieuse des choses, tous les Kongomani doivent comprendre par cette phrase que monsieur KABILA a été créé sénateur à vie et qu'à ce titre, il est astreint aux obligations des sénateurs qui ne peuvent postuler pour aucun mandat électif.


Ebua Libana la Molengo Lihau (29 September 1931 – 9 April 1999) . Professeur de droit constitutionnel à l'Université de Harvard.

Seulement voilà. Ce que cet ouléma auto-proclamé de la République ne semble pas saisir dans son délire fanatique pour son candidat vainqueur avant l'heure, c'est que la République n'est pas le Vatican où on crée des sénateurs comme on crée des cardinaux. Dans la République, il y a ce qu'on appelle des droits et des libertés. Une de ces libertés c'est de renoncer à un droit. Et dans le cas d'espèce, ce dont il est question dans cet article 104, sauf cécité avancée, envoûtement politique ou mauvaise foi criminelle, c'est précisément un droit et non une obligation. En ce sens, postuler pour un mandat électif pour le sieur KABILA reviendrait à renoncer à son statut ou à son droit de sénateur à vie.


Voilà ce qu'une lecture simple de bon sens permet à toute personne de bonne foi de comprendre.


Évidemment, pour le Grand-Prêtre du droit constitutionnel congolais, celui qui aime rappeler qu'il est le tombeur d'Évariste Boshab, cet autre professeur de droit seulement international et seulement diplômé de l'Université catholique de Louvain comme LIHAU, une lecture grammaticale normale ne suffit pas pour lire la loi. Il faut recourir à sa docte expertise pour interpréter une loi que même les juges de la Cour constitutionnelle, qui de fait ne sont pas nécessairement juristes, ne sont donc pas qualifiés à ses yeux pour donner leur interprétation.


Une fois n'est pas coutume. Nous citerons un blanc qui est sans doute une référence invincible pour ce doctrinaire autoproclamé. Si tant est qu'il a réellement eu ce cursus occidental dont il aime à se targuer.



Face à la jungle intellectuelle et légale de la RDC, au talibanisme à la limite du tribalisme de certains, Jean-Jacques Rousseau, qui est selon toute vraisemblance le plus grand des constitutionnalistes à l'origine de la science de ce professeur, sans pourtant être juriste, se retourne dans sa tombe.


Que dire de LIHAU Ebua ? À nos yeux, le meilleur des constitutionnalistes et de loin. Pour avoir lancé l'idée de la Conférence nationale souveraine que nous défendons aujourd'hui.


Au lieu de s'enfermer dans l'autisme et la myopie caractéristiques des politiciens congolais, ceux-ci devraient apprendre à anticiper comme leur maître de KINGAKATI qu'aucune disposition légale ne peut désormais empêcher de se représenter, même dans un court délai. Après, par exemple, une procédure réglementaire de destitution de l'actuel président pour l'acte patent de faux et d'usage de faux dont il s'est prévalu dans sa démarche de candidature auprès de la CENI. Face à une telle éventualité, ce ne sont ni les jérémiades d'une logorrhée doctrinaire, ni les fatwa lancés aux talibans de la secte politique du mollah, qui arrêteront le locataire de KINGAKATI.



La seule voie objective pour mettre fin à l'aventurisme politique du FCC-Cash est de convoquer une Conférence nationale souveraine qui redistribuera les cartes, fera le diagnostique d'incroyables horreurs de vingt dernières années et proposera enfin des solutions et une constitution qui sera véritablement l'oeuvre du peuple kongomani normalement constitué pour une telle fin. Pas un document rédigé par un obscur chercheur d'une université belge à la solde de ses maîtres.


La place d'un constitutionnaliste sérieux n'est pas au parlement. Son rôle, c'est d'aider à l'élaboration d'une constitution dans le cadre notamment d'une constituante. Comme l'a fait en son temps, LIHAU Ebua, en lançant l'idée d'une Conférence nationale souveraine. Lorsqu'il avait fait le constat cinglant que l'origine du mal congolais tenait au fait que l'on évoluait au Congo de violation en violation de la légalité depuis 60. Un exemple d'une telle violation est évidemment le cas de faux et d'usage de faux dans la candidature de Tshilombo à la présidence de la République.


Avec MBATA, cette violation annoncée par LIHAU dépasse désormais le cadre politique pour investir le spirituel parce que le mollah, désormais muni de sa boule de cristal, n'a même plus besoin d'élection pour annoncer la victoire de son patron.





Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire.












As of The Sun of Righteousness, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.




© 2017-2020 by Bushabola Opinion.
Copie et large diffusion libres.