4 Juin 1969-2019: Le diagnostique du mal congolais. Lettre à un médecin.

Merci Dr Sondji pour votre discours du 4 Juin à l'occasion du cinquantenaire des événements de 1969 qui ont vu la répression brutale de premières manifestations estudiantines.


Je constate avec consternation que vos camarades ont fait le constat de l'inadéquation du système d'éducation au Kongo depuis 50 ans. Je déplore que rien n'ait été fait pour en déceler l'origine et proposer un remède approprié. C'est peut-être cela le plus grand péché de la science. Celui de ne pas pouvoir traiter du pourquoi des choses.


Docteur Jean-Baptiste Sondji.

Je suis agréablement surpris de voir que ce sujet concerne un blog que je compte publier le 30 juin.


Dans ce blog, j'explique que l'erreur que nous commettons au Kongo, c'est de ne pas prendre en compte la dimension psychanalytique et même psychiatrique du problème «congolais».


Demander pourquoi l'universitaire congolais est un mercenaire au service d'un quidam qui n'a d'autres ambitions que d'assouvir ses passions charnelles en se mettant dans la peau du colon, c'est demander pourquoi l'armée nationale se distingue dans les répressions des manifestations pacifiques tandis qu'elle avance à reculons au front. C'est demander pourquoi l'économie du Kongo est une économie d'exploitation des ressources destinées exclusivement à l'exportation. C'est demander pourquoi encore aujourd'hui, 59 ans après le discours de Lumumba, la justice est exclusivement au service des puissants.



La triste réalité est que nous perpétuons dans ce pays un système Léopoldien depuis 1885. Et dans le rêve du sieur Léopold, le sort du nègre, c'est celui des mains coupées. Des corvées de Mbula Matari. Le même Mbula Matari qui se trouve être comme par hasard l'appellation que nous réservons à l'État...


De sorte que, quand bien même ce brave Pétillon aura à cœur de bâtir une université pour les nègres à «Léopoldville», ce ne sera pas pour en sortir des leaders, mais de bons exécutants. Pour les besoins de la machine coloniale d'exploitation. C'est tout sauf des Lumumba que cette université produira. Mais des Tshisekedi. Des Kapita en chef qui n'ont d'autre vocation que de «jouir» des privilèges du colon tout en s’assurant qu'autour d’eux, un contraste suffisamment frappant est soigneusement entretenu par rapport aux «indigènes». C’est le sens des routes mal entretenues et de l’urbanisation chaotique.


Il ne faut pas attendre de cet universitaire plus que cela. Il ne faut pas lui demander de faire preuve d'un sens de dévotion débordante vis-à-vis d'un État inconsciemment perçu comme une machine à couper les mains. «LETA Moloki» de Frank Diongo.




Contrairement à vous, je ne pense pas que nous avons un problème de conscience nationale. Nous avons un sérieux problème de conscience étatique. Nous avons un rapport problématique à l'État. Un État, soit dit en passant, que la Constitution n'a jamais défini. Même si Bakajika lui octroie gracieusement le sol et le sous-sol du pays...


Le même rapport conflictuel à l'État s'observe d’ailleurs dans tous les pays issus de la colonisation. On l'observe clairement dans des pays comme le Canada et les USA lorsqu'on les compare à leurs métropoles qui présentent des États providences comme la Belgique. Là où l’État canadien est une machine sophistiquée à imposer des contributions nonobstant ses immenses ressources réservées à l'exportation, alors que les USA sont un «État» incontestablement policier qui impose des taxes inconstitutionnelles sur les revenus. Des taxes perçues par une structure qui n’est pas une institution légale des USA.


L’objectif de la Conférence nationale souveraine que nous appelons de nos vœux doit être celui de la définition d’un projet de société propre aux kongomani. Avec une vision claire. Un nouvel État clairement redéfini. Et la réconciliation du peuple avec cet État légitime. Un rendez-vous manqué en 1992 que nous avons à présent à cœur d’imposer. Avec les sentiments de mon indéfectible considération. Bukoko Ikoki, Citoyen ordinaire.







As of Christ, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.


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