Muzungu a na sema: Le baiser du diable à LAMUKA.

Updated: Apr 27, 2019


Au KONGO, depuis le 17 mai 1997, le pouvoir est incontestablement dans la rue.


Après l'auto-proclamation de Laurent-Désiré Kabila, en 1997, comme président de la République et la succession monarchique de celui qui avait été présenté comme son fils en 2001, la cooptation de Tshilombo dix-huit ans après, est la consécration de la farce démocratique qui semble avoir élu domicile en RDC depuis la fin supposée de la dictature mobutienne.


Cela dit, aussi pathétique qu'ait été le sacre de Tshilombo comme président, une interrogation peut cependant être soulevée. La coalition LAMUKA aurait-elle été un meilleur choix? Qu'est-il arrivé à cette coalition pourtant portée par la ferveur populaire?


La sortie effectuée dernièrement par l'un de ses ténors à Paris, en l'occurrence monsieur Muzito, en dit long sur la démarche de ce regroupement politique et sur l'échec déroutant qu'il a subi. Même si un tel échec ne se situe pas au niveau des urnes, mais bien sur l'échiquier des enjeux politiques énormes à l'échelle du continent.


Lors d'une conférence tenue devant la communauté des kongomani à Paris, le sieur Muzito, connu par ailleurs pour des prises de position d'un intellectualisme quelque peu rébarbatif, ne s'est pas contredit dans sa réputation de polémiste forain.


En effet, fidèle à ses habitudes, cet ancien premier ministre de Kabila, élève modèle des institutions de Bretton Woods, a soutenu pince-sans-rire que le KONGO ne peut pas être considéré comme un pays riche nonobstant ses immenses ressources. Insinuant par là que c'est sans doute avec son camembert que la France acquière l'uranium du Niger ou le pétrole du Gabon pour construire ses TGV. Puisque tout le papier de la planche à billets de la banque centrale européenne ne vaut clairement pas l'or et le diamant du KONGO.


L'homme était dans son rôle de mépris du nègre de maison vis-à-vis de la mère patrie après une autre déclaration du même acabit, lorsqu'il avait choisi cette fois-là la capitale belge pour déclarer urbi et orbi que le KONGO n'était pas un État. Dieu sait si la Belgique en est un. Si l'on s'en tient à la réflexion du journaliste Alain Gelrache, à l'époque porte-parole du premier ministre belge Guy Verhofstadt, lorsqu'il affirmait à la suite de l'affaire Dutroux que pour être un État de droit, la Belgique devait d'abord être un État. Or, d'après lui, bien malin qui pouvait identifier l'État en Belgique parmi ses entités fédérées et ses institutions alambiquées. Le choix de ces capitales pour émettre des réflexions anti-patrie est très intéressant dans le contexte géopolitique des élections qui ont eu lieu en RDC. C'est à croire que quelqu'un l'avait mis exprès dans les pattes de Fayulu pour ternir irrémédiablement son éclat auprès de ceux qui sont allergiques à la domination sauvage de l'Occident.


Dans un contexte géopolitique critique où l'Afrique opère un changement de paradigme par lequel elle entend valoriser ses matières premières, après notamment l'étonnante législation arrêtée par la Kabilie sur les mines, les propos de cet ancien premier ministre sont indicateurs d'une logique de statu quo qui profite indiscutablement aux groupes miniers dégoûtés par les réformes initiées en RDC.


Alors que depuis l'assassinat sauvage de Khadafi, le centre de gravité de l'Afrique politique semble s'être déplacé de l'Occident vers l'Afrique australe, il est effarant de voir l'obstination des acteurs politiques congolais à vouloir rechercher des alliances dans un monde occidental en perte évidente de vitesse. Force est de constater que des politiciens du genre de Muzito étaient en réalité du pain béni pour la Kabilie. Il ne fait aucun doute que cette dernière ne s'est pas donnée un mal fou pour convaincre les très influents pays de la SADC du caractère «nuisible» des animateurs de LAMUKA vis-à-vis de la nouvelle dynamique souverainiste des pays membres de cette organisation régionale.


Des pays ayant tous en commun l'aversion d'un monde occidental qui ne les a pas ménagés au cours des années d'une domination caractérisée par une rare barbarie. Une barbarie d'un passé récent dont le souvenir est encore vif. Contrairement aux autres régions du continent.

Le dévolu qu'ils ont jeté sur Genève avec Alan Doss comme parrain de leur coalition était incontestablement le dernier clou sur le cercueil des ambitions des membres de LAMUKA.


Dans un exploit acrobatique exceptionnel, le choix alternatif de Kamerhe et Tshilombo pour Nairobi, en reniement de Genève, semble avoir produit les fruits qui étaient du goût des chefs d'État africains, au-delà de la SADC.


En effet, nonobstant les réticences de l'Union africaine, la vérité est que même l'infâme Kagame, à sa tête à l'époque, ne pouvait qu'apprécier moyennement cette passion pour l'Occident des acteurs de LAMUKA. Ceux qui connaissent l'art de la dissimulation et de la diversion des rwandais savent que les réserves de Kagame et de son administration de l'Union africaine étaient en réalité des postures qui ne visaient qu'à se rendre indispensable dans une énième humiliation du Grand KONGO.


Il semble que LAMUKA a pêché par une incroyable naïveté, un amateurisme et une improvisation insupportables pour des gens qui avaient tous les moyens du monde de s'entourer des conseils avisés. D'abord parce que cette coalition de fortune n'a pas su jauger les tendances dans les influences géopolitiques réelles du moment. Ensuite, parce qu'en son sein, des gens étaient encore convaincus que pour se faire une place au soleil en Afrique, il était de bon ton de s'afficher avec des blancs. Le besoin compulsif que semblait avoir Muzito en particulier de s'illustrer avec tous les blancs qu'il pouvait croiser dans les palais et les cavernes de l'Europe et d'ailleurs n'est sans doute pas passé inaperçu aux yeux des observateurs avertis et des ennemis de LAMUKA tapis dans la Kabilie.


Ceci n'est pas pour dire que le choix de Tshilombo par la Kabilie procédait de quelques dispositions nationalistes favorables. Des dispositions que les kabilistes, eux-mêmes arrivés au pouvoir par le fait du même Occident, n'ont jamais eues en réalité mais qu'ils ont su faire miroiter à leurs alliés au sein de la SADC. Tandis que Kagame, un autre piston du même Occident qui se prend pour Che Guevara, se contentait de la continuité avec un diable familier plutôt que de s'embarquer dans l'incertitude d'un voisinage avec des anges inconnus venus d'un Occident, empêcheur de massacrer en rond, avec qui il rivalise de cruauté et qu'il exècre.


Si le soldat du peuple Fayulu, peu habitué pourtant des salons feutrés des capitales occidentales, a incontestablement été le choix du coeur et des urnes, Tshilombo apparaît comme un choix purement tactique. Tant l'homme de Genval, pour avoir intériorisé et vulagarisé la doctrine des «décideurs» occidentaux avec son défunt père, n'était pas exactement un Thomas Sankara.


Que ce soit la belle Olive qui annonce la nouvelle donne géostratégique lors d'un meeting de soutien à son malheureux poulain en proclamant qu'au KONGO, on ne dira plus jamais «Muzungu a na sema», c'est à se demander s'il faut en rire ou en pleurer quand des milliardaires qui se sont mis en ordre de bataille électorale ont été incapables de lire les signes des temps ou de s'entourer de ceux qui pouvaient les lire. Pour finir par ouvrir à la Kabilie le boulevard d'un pouvoir de la ruse.


Bukoko IKOKI, Citoyen ordinaire.












As of Christ, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.


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