Mukwege: Un médiocre au service de l'Empire? Le diable est dans le détail.

Updated: Apr 16, 2019


Indépendance totale et imposition fiscale. Le paradoxe du choix de l'intellectuel nègre dans la reproduction d'un modèle féodal importé.

En ce jour anniversaire de la naissance de notre héros national, je ne pouvais m'empêcher de réagir au discours de monsieur Denis Mukwege à propos de l'indépendance du Kongo. Et ce n'est pas parce qu'il mentionne Kasa-Vubu comme père de l'indépendance alors que l'Histoire, qui n'est plus à refaire, l'établit invinciblement comme le fossoyeur de cette indépendance.

Réagir est une démarche que j'évite le plus possible tant je préfère la prévention, l'action, à la réaction.

Néanmoins, lorsque des personnalités sur qui repose l'espoir des populations abusées s'illustrent par des réflexions qui mettent en péril l'avenir de ces populations, on ne peut pas se taire, au risque de cautionner des énormités dangereuses. Surtout lorsque ces réflexions proviennent des personnes qui semblent bénéficier d'une certaine crédibilité, non seulement morale, mais intellectuelle.


Dans son discours interminable du 30 juin, monsieur Mukwege fait l'éloge d'une taxation «juste» qui pourra apporter au peuple clochardisé de la RDC les infrastructures qui lui font gravement défaut depuis que les puissances lui ont laissé la responsabilité de la gestion de son pays.

La question que l'on se pose, c'est de savoir comment une élite peut prétendre rechercher l'indépendance totale de son peuple lorsqu'elle n'a pas elle-même l'indépendance d'esprit pour réfléchir par elle-même pour le bien de ce peuple...

En effet, le credo qui consiste à dire que dans une société, un système de taxation est la voie royale pour construire des infrastructures, un système d'éducation et de santé publique, est un mantra qui est recité sans cesse dans les pays occidentaux. De sorte qu'à force de répétition, d'après ce maître nazi, ce credo est devenu une vérité que le nègre a intégrée, corps et âme, sans réserve aucune..

Là où le bât blesse, c'est lorsqu'en dehors de ce monde occidental, on observe qu'il existe des pays qui ne pratiquent aucune taxation. Et qu'on se rend compte que cette velléité taxatoire procède en réalité d'une culture féodale propre à un monde occidental où les privilèges de classe des seigneurs sont entretenus par le sacrifice des serfs qui leur doivent une partie de leur production pour bénéficier de leur protection et de l'usage de ce qu'ils considèrent comme leur terre.

Ces pays occidentaux se réfugient généralement derrière l'idée qu'ils ne sont pas riches en ressources naturelles et qu'il faut bien que l'État, qui s'est substitué au suzerain, dégage des moyens de sa politique. C'est ainsi que les nègres mordent à l'hameçon de l'ennemi pour singer servilement ce modèle.

Or, lorsqu'on considère un pays comme le Canada, extrêmement riche en ressources naturelles, avec une densité de population insultante au vu de l'étendue du pays, l'État canadien, personnifié par la reine d'Angleterre, tire ses revenus exclusivement de la taxation. Des multinationales, certes, mais beaucoup plus des individus.

Alors qu'un État comme celui des Émirats Arabes Unis, pour toutes ses infrastructures gigantesques, ses écoles, ses hôpitaux, ses services publiques, aucune taxation n'y est pratiquée. Même pour les entreprises privées qui bénéficient de ces infrastructures et de ces services de l'État pour générer un profit.

Puisque ce qui est à vous, est à vous, lorsque vous achetez une maison, vous n'êtes pas obligé de verser une taxe à la «propriété» à l'État suzerain dont vous utilisez le sol. Lorsque vous travaillez pour contribuer à la bonne marche de l'économie nationale ou locale, vous n'êtes pas sanctionné par un impôt sur le revenu pour «contribuer» d'avantage. De force. Lorsque vous achetez un quelconque article pour faire tourner le commerce qui soutient la création de travail et l'activité économique, vous n'êtes pas puni par une taxe à la valeur ajoutée.

Puisque ce qui est à vous, est à vous, résultat des courses, les investisseurs accourent pour prospérer à Dubaï et faire prospérer Dubaï par la même occasion.

Et ce qui n'est pas à vous, comme les minerais ou le pétrole des Émirats, vous devez l'acheter à l'État pour le soustraire du sous-sol. À un prix décent qu'aucune taxation ne peut du reste compenser.

Pour cela, vous devez accepter d'entrer dans un partenariat avec l'État. Une association d'où il tire sa juste part. En partageant des risques avec vous.

La différence entre Dubaï et Kinshasa réside justement dans le fait que ce qui est valable pour le pétrole dans sa valorisation comme actif financier, ne l'est pas pour l'or, le cobalt, le diamant, le cuivre, etc, du Kongo.

Le rôle d'un intellectuel, mieux d'un leader dit d'opinion ou d'un leader politique, c'est justement d'aider à amener à cet état des choses de la valorisation, voire de la titrisation des nos matières premières.

Affirmer que le Kongo ne profite pas de ses ressources minières et opposer à cette situation une politique fiscale pour répondre aux besoins de la population, est une contradiction inacceptable pour ceux qui connaissent l'histoire de ce pays et les enjeux auxquels il fait face.

À bien des égards, la situation du Kongo est semblable à celle du Canada. Une propriété privée de la reine d'Angleterre qui représente un État qui ne s'est jamais constitué de manière formelle comme l'émanation d'un peuple et la consécration d'une nation. La terre, les immenses richesses du Canada appartiennent, au propre comme au figuré, à l'État qui est la reine. Pas au peuple.

De ce point de vue, ce sont les grands capitaux et les banques qui en disposent dans une économie voulue essentiellement d'exploitation. Là où les matières premières sont exportées brutes pour une destination inconnue. Pendant ce temps, la population paie des taxes pour déclarer ses impôts en ligne. Endettée avant la naissance dans un pays outrancièrement riche, elle est taxée du berceau au cercueil, voire au-delà.

En RDC, depuis Bakajika, le sol et le sous-sol appartiennent à l'État. Mais c'est qui l'État ? Aucune définition formelle dans la Constitution. Aucun acte constitutif l'établit de manière formelle depuis 1960. Avec une légèreté caractéristique, nous laissons cette question cruciale aux généralités des connaissances livresques acquises en occident quand ce ne sont pas celles injectées par l'occupant colonial.

Conséquence, par la notion globalement acceptée de la continuité de l'État, l'État en RDC est et demeure le tristement célèbre MBULA-MATARI. Une représentation figurée de Léopold II et de ses descendants.

Avec une telle légèreté, doit-on dès lors être étonné de ce que 58 ans après la proclamation de la République, comme au Canada, des quantités astronomiques de nos précieuses matières premières empruntent un chemin sans retour ? Dans le plus grand mépris de notre peuple.

La logique de la fiscalisation procède de la logique de la servitude féodale conçue par les puissances et les principautés de ce monde derrière l'invasion rwandaise du Kongo.

Il faut se rappeler à cet effet que le conflit «tutsi-hutu», présenté comme l'origine de la guerre au Kongo, n'est pas une question ethnique. C'est une guerre de deux classes sociales liées par un lien féodal instauré au 15 ème siècle par la monarchie. Ce lien féodal porte le nom d'Ubuhake. Celui qui lie le tutsi à son hutu et par lequel ce dernier doit une partie de sa production agricole à son seigneur éleveur qui assure sa protection en cas de guerre.

L'Ubuhake, sous toutes ses formes, n'est pas un modèle acceptable pour la République. Il ne cadre pas avec l'idéal pour lequel Lumumba a versé son sang. Ce sang par lequel il a établi cette République.

Lorsqu'incidemment une personnalité comme le docteur Mukwege, porteur de cette vision fiscale dans un paradis comme le Kongo, est adulée par la communauté dite internationale, les Saxe-Cobourg Gotha et autres Clinton, à l'origine de la guerre de la servitude qui a transformé depuis 1885 le Kongo en un enfer, on se pose des questions.

Il faut sans doute être reconnaissant, contrairement à l'élite d'un parti célèbre en RDC, de ce que monsieur Mukwege n'ait pas inclu dans sa vision l'aide occidentale.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire.





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