Faut-il guillotiner Macron ? Lettre ouverte à Son Altesse.

Updated: Apr 16, 2019



Copie à la secrétaire générale de la Francophonie.

Copie au secrétaire général de l’Union africaine.

Copie aux Chefs d’État des pays membres de l’OIF.

À Son Altesse Royale E. Macron

Coprince d’Andorre

Palais de l’Élysée

55 Rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris, France

Ottawa, ce 23 mai 2018

Cher monsieur Macron, En annexe, nous vous prions de prendre connaissance de la lettre que nous faisons parvenir ce jour aux députés de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale de France.

Recevez, cher monsieur, nos salutations distinguées.

Bukoko Ikoki, Citoyen ordinaire.





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Lettre aux députés de l’Assemblée nationale française.

Concerne : Indignation sur la visite en France de Kagame

Madame la Députée,

C’est avec un profond dépit que nous prenons connaissance de la visite en France du président rwandais, monsieur Kagame, ce 23 mai 2018.

Comme ressortissants de la République démocratique du Congo, nous avons en mémoire les millions de morts que notre pays compte depuis vingt ans à la suite d’une agression armée imposée par le monde anglo-saxon. Et dans cette guerre menée contre le plus grand pays francophone au monde, le rôle que joue le Rwanda est central.

En effet, au-delà des considérations économiques généralement évoquées, cette guerre est aussi dirigée contre le monde francophone en général et l’idéal républicain des pays regroupés au sein de cet ensemble linguistique.

En ce sens, le prétexte ethnique mis en avant est un faux qui cache en réalité un système de servitude institué au 15 ème siècle par un pouvoir monarchique dont monsieur Kagame est un héritier. Ce système établit un lien de servage - connu sous le nom d’Ubuhake - entre les tutsi, les seigneurs, et les hutu réduits en servitude.

Les massacres imposés au Kongo visent aussi à établir la suprématie d’une minorité aristocratique qui entend faire valoir ses privilèges dans toute la région des Grands lacs par une guerre qui ne dit pas son nom.


De ce point de vue, Madame la Députée, au vu de l’Histoire, après l’opprobre que le régime de Kagame n’a eu de cesse de jeter sur la France malgré l’assassinat par lui des citoyens français lors de l’attentat contre deux chefs d’État de la région précitée, l’accueil que réserve la République à monsieur Kagame n’est pas seulement une insulte à la mémoire de nos millions de morts, il est une insulte faite à la France, à son peuple et à son histoire.

C’est une insulte à l’ensemble du monde francophone ayant en partage une certaine idée de cette France. Avec l’héritage des révolutions conjointes de 1789 et 1791, en Haïti.

On se souvient à cet effet de l’insulte faite officiellement par le Rwanda contre la langue française elle-même lors du douzième sommet de la Francophonie à Québec. Un Rwanda qui n’a ménagé aucun effort pour décourager l’usage de la langue française dans un pays antérieurement francophone et qui est devenu depuis Kagame anglophone et membre du Commonwealth.


Madame la Députée, alors que Kagame a banni l’usage des mots tutsi et hutu, parce qu’aussi ces deux groupes n’ont jamais été des ethnies, aujourd’hui, les anglophones sont les seigneurs et les francophones sont les serfs.

Pour toutes ces raisons, Madame la Députée, lorsqu’elle laisse entrevoir son soutien à la candidature rwandaise à la tête de l’OIF, nous ne pouvons contenir le sentiment de vive indignation que nous éprouvons face à cette duplicité et à ce mépris qu’affiche la France par rapport à un allié hautement stratégique comme le Kongo.


Nous osons croire que la France prendra les mesures nécessaires pour améliorer ses relations avec le Kongo et le monde francophone en général par le soutien de la vérité sur la nature réelle de la guerre des Grands lacs.

Autrement, l’Histoire n’aura pas d’autre choix que de tirer les conclusions de ce double jeu haïssable auquel se livre la France depuis 2007. Tandis que les pays d’ascendance africaine, non désireux de se voir embrigadés dans une structure de vassalisation d’ensemble, se constitueront sans doute une autre francophonie. Une organisation des pays francophones plus respectueuse de leur parcours et plus conforme à leur destinée.

Ottawa, ce 23 mai 2018.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire.






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As of Christ, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.


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