Kongo: La fin des économies de prestidigitation.

Updated: Apr 16, 2019


In Gold we Trade - Primauté des matières premières, un changement de paradigme. Si les déclarations du président du conseil d'administration de la Gecamines lors de la conférence Indaba de l'African Mining de février 2018 sont justes, nous pouvons penser que nous assistons à un moment clé de l'Histoire de cette humanité.


On peut légitimement s'interroger sur les motivations d'un président hors mandat pour entreprendre une réforme législative de cette ampleur.

On peut penser qu'il s'agit selon toute vraisemblance d'une volonté de punir en retour un monde occidental qui a bloqué indirectement ses fonds en bannissant son homme de main, Dan Getler, des transactions en dollars américains. Entraînant ainsi pour les malheureux des pertes colossales s'élevant à des centaines de millions de dollars. À la suite de l'impossibilité de tous leurs partenaires d'opérer avec ces indésirables du trésor américain accusés d'enrichissement illicite.

Qu'à cela ne tienne. Les mesures prises sont en elles-mêmes une révolution en termes de valorisation des matières premières dont disposent généralement les pays africains.

Des pays africains qui sont ainsi promis à un avenir plus prospère tant ce secteur a le vent en poupe pour les prochaines décennies. Alors que les pays dits industrialisés, déjà paralysés par une démographie carrément défavorable, pour ne pas dire catastrophique, s'attendent à une turbulence qui laissera des traces indélébiles dans les rapports entre le nord et le sud.


Cette tendance vient donc d'être renforcée par ce changement de paradigme que les kongolais semblent initier dans leur interaction avec les investisseurs miniers.

On observe en effet que, d'après Yuma, ces miniers, pour constituer des joint ventures avec l'État, faisaient valoir jusque-là des capitaux dont ils ne disposaient pas en réalité. Tandis que les banques étaient mises à profit pour injecter des capitaux dont le service de la dette était à la charge de la société commune. Ce, alors même que les matières premières n'étaient pas reconnues comme actifs dans les états financiers.

On avait beau disposer d'or, de diamant, de cobalt, etc, toute cette richesse, même clairement tangible et justifiant une très grande valeur, ne représentait strictement rien aux yeux de ces miniers. Ils pouvaient ainsi se tailler la part du lion dans la répartition des parts sociales de la co-société.

Mieux, l'actionnaire majoritaire ayant la gestion de la co-société en sa charge s'évertuait à déclarer des pertes. De sorte que l'État ne pouvait percevoir ni des taxes ni des dividendes au travers de sa société actionnaire.


Les véritables actionnaires étaient les banques qui se faisaient servir en intérêts par ailleurs surfacturés par les miniers. Indépendamment des performances de la joint venture.

Le seul apport que ces miniers pouvaient justifier était finalement le tristement célèbre white privilege qui leur permettait de s'endetter auprès de ces banques. Aux frais de la société.

Par un tour de passe-passe hallucinant, cette dette était transformée en asset. Comme apport dans la constitution de la Joint Venture. Habilement, ils privatisaient les profits tandis que les coûts étaient socialisés.

Reconnaître aujourd'hui la valeur des matières premières dont disposent les pays africains comme seul apport tangible dans les négociations avec les investisseurs a des repercussions colossales.

Cela fait désormais pencher la balance vers les économies africaines qui pourront réclamer une part autrement plus importante dans la constitution des titres. Par rapport à des partenaires qui abusaient des peuples africains dans des contrats honteusement léonins. Quand ils n'avaient que du vent à apporter sur la table des négociations. Grâce à des crédits qui étaient pondus stricto sensu à partir de...rien. Des capitaux qui n'avaient de tangible que les digits que les banques décidaient d'afficher comme par...prestidigitation.


À sa création, le 2 avril 1792, par une loi promulguée par George Washington, le dollar américain était défini comme l'équivalent d'une certaine quantité d'or, d'argent et de cuivre.

Il est intéressant de noter à cet égard la définition que fait encore aujourd'hui le Larousse de la monnaie:

  • Pièce de métal frappée par l'autorité souveraine pour servir à la mesure des valeurs, aux échanges, à l'épargne : Monnaie d'or, d'argent, de cuivre.

  • Tout instrument légal ayant les mêmes fonctions : Monnaie de papier. Monnaie de compte.

En 1971, la convertibilité du dollar en or fut abolie par Nixon. Le dollar n'était plus désormais qu'un bout de papier. C'est ce qui a justifié l'expression souvent utilisée qui énonce que le dollar est garanti par la pleine foi et le seul crédit du gouvernement des États-Unis.


Néanmoins, aidé par le premier «choc pétrolier» de 1973, il a pu continuer à jouir d'un certain crédit et même d'un crédit certain à l'étranger. Grâce au pétrole que les monarchies du Golf avaient accepté de commercialiser exclusivement en dollar.

Aujourd'hui, à l'exception notable de la Chine, la plupart des banques centrales dans le monde ont renoncé à garantir leur «monnaie» par l'or. Le métal précieux a été remplacé par un chapeau de magicien désigné sous le vocable familier de planche à billet,

La dernière fois qu'un leader a essayé de réinstaurer une monnaie garantie par l'or, il a été sauvagement assassiné. Son or a fini dans les coffres-forts de l'Occident. Son or noir, aux mains des pirates, terroristes à leurs heures perdues, débarqués par l'OTAN à l'occasion d'une opération humanitaire. Il s'appelait Mohamar Kadhafi.

Avant lui, il y avait un certain Saddam Hussein qui avait daigné remettre en question la suprématie du pétrodollar en essayant de vendre son pétrole en euros... Des armes de destruction massive avaient subitement été répertoriées dans son arsenal militaire. Comme par enchantement.

Le changement de paradigme qui prend naissance au Kongo permet de restaurer la vérité sur la conception originale de la monnaie qui, contrairement à la devise (Ornement consistant en une inscription accompagnée ou non de figures.), doit être une valeur sérieuse de référence. Pour cela, elle doit impérativement être une ...valeur. Au sens du Larousse.

Dans ce nouveau référentiel, un pays comme le Kongo qui dispose d'or, d'argent et de cuivre, probablement plus que n'importe quel autre pays, devrait être indiscutablement riche, financièrement parlant.


La logique qui s'est appliquée au pétrodollar et qui a fait des monarchies du Golf et des autres pays riches en pétrole des puissances riches en dollars devra obligatoirement être généralisée à l'ensemble des matières précieuses traditionnelles.

Ce changement de paradigme est un pas de plus vers une culture du win-win qui s'installe de plus en plus dans les consciences depuis l'arrivée de la Chine dans le marché africain.

Là où les occidentaux nous avaient habitués à un jeu d'un rare cynisme. Celui qui nous dépouillait de toutes nos richesses en faisant de nous des indigents vis-à-vis d'un nord qui avait ensuite le beau rôle de nous témoigner sa magnanimité condescendante. Tandis qu'il imposait ses règles.

Des plus hypocrites comme la «démocratie» qui n'était convenable que lorsque les l'ordre d'arrivée l'arrangeait, aux plus répugnantes comme l'adoption de son homosexualité. Au nom de sa charité.

En plus de l'indépendance économique tant recherchée, un tel changement de paradigme siffle la fin de ce zero-sum game. Celui qui voulait qu'il y ait absolument un gagnant blanc et un perdant noir.

C'est le triomphe de la vérité sur un mensonge économique vieux comme le monde qui avait réduit toute une humanité à un état de vile servitude.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire


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