Église: Mission prophétique ou vassalisation «perpétuelle» du Kongo ?

Updated: Jun 8


Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira...

Après de longues années de silence dans la scène politique de la RDC, l'église catholique revient sur scène avec un activisme des plus combatifs. Comme au début des années 90 qui ont conduit à la chute de Mobutu en 97.

Après que le pays soit passé par les horreurs les plus inimaginables, on peut légitimement s'interroger sur le sursaut brutal de cette église par rapport au chaos que traverse le Kongo.

Cette interrogation est d'autant plus légitime que le rôle néfaste de cette église dans le drame que connaît la RDC aujourd'hui est connu.

On se souvient effectivement que les Zaïrois, entre 91 et 92, avaient tenu une constituante qui a consacré la voie démocratique du pays au travers de la Conférence nationale souveraine. Malgré la maîtrise des débats qu'avait affiché à l'époque l'Archevêque de Kinsangani, aujourd'hui Cardinal, malgré l'activisme de l'Église pour la réouverture des travaux de la CNS qui avaient connu une suspension, c'est le même Archevêque Monsengwo qui avait contribué par la suite au sabordage des résolutions de cette constituante.


Apocalypse 17: Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint, et il m'adressa la parole, en disant: Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. 2 C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité, et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés. 3 Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. 6 Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement.

En 1994, l'Église par son prince avait décidé de s'asseoir sur les décisions de la CNS pour s'engager dans une « troisième voie » qui a installé jusqu'à ce jour Kengo wa Dondo aux affaires alors que Tshisekedi était élu Premier ministre par ces assises.

La suite, deux ans plus tard, on la connaît. Le rôle joué par Kengo comme cheval de Troie de l'invasion occidentale par le Rwanda interposé a été clairement documenté. Comme ses origines rwandaises. Dans un schéma de vassalisation par les puissances monarchiques de ce monde que nous avons exposé dans un article précédent.

Un schéma de vassalisation qui s'est d'ailleurs appuyé de manière constante sur le sieur Kengo tout le long d'une bonne partie de l'histoire post-occupation coloniale de ce pays. Que ce soit par la préférence ouverte pour Kengo des institutions de Bretton Woods dans leurs politiques d'étouffement du pays, ou encore dans des deals obscurs que l'individu, premier commissaire d'État à l'époque, aurait signé avec la Belgique pour enterrer définitivement la question du contentieux belgo-congolais. Une affaire qui s'évalue à des centaines des milliards aujourd'hui.


Le jocker et la marionnette des « puissances ».

De tout temps, Kengo a été en RDC le jocker des puissances de ce monde qui se sont octroyés la paternité du Kongo.

Plus de vingt ans plus tard et huit millions de morts après, l'Église revient à la charge pour renouveler son exploit en s'asseyant sur la Constitution pour permettre à l'ancien soldat de l'armée patriotique rwandaise de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, le 19 décembre 2016. Avec le même Kengo comme remplaçant désigné.

Kengo, en véritable Rastapopulos de la politique congolaise... Encore lui!

Un peu plus à l'Est...

Pour comprendre son rôle et son importance pour les principautés de ce monde qui gèrent la RDC, il faut aller...un peu plus à l'Est.

Il est parfaitement inexact de croire que la crise que traverse la RDC depuis des décennies est une crise qui a pour soubassement des intérêts économiques de quelques multinationales anglo-saxonnes rapaces.

Ces dernières ne sont que des épiphénomènes d'un mal plus profond. Si des intérêts économiques voraces étaient véritablement l'enjeu, ce ne sont pas des congolais corrompus et médiocres qui ont manqué pour que les puissances de ce monde jettent leur dévolu sur les tutsi du Rwanda pour organiser le pillage du Kongo.

Une autre erreur monumentale consiste à croire que les conflits qui ravagent ce pays sont le fait d'une guerre ethnique entre les hutu et les tutsi du Rwanda qui se serait déversée en territoire congolais. Rien n'est plus faux. Hutu, tutsi, ne sont pas des ethnies.

Il s'agit de deux castes liées par un lien de servage appelé ubuhake dans lequel les tutsi sont considérés comme des seigneurs alors que les hutu sont réduits à l'état de serfs.

Si l'Église catholique a aujourd'hui maille à partir avec le régime tutsi de Kigali, cela n'a pas toujours été le cas. C'est de fait cette Église, de connivence avec les puissances de ce monde, qui contribue à asseoir la domination d'une élite de la minorité tutsi. Avant de se raviser quelques années avant l'indépendance lorsqu'elle s'aperçoit que la docilité des aristocrates tutsi ne lui était pas garantie. Elle décidera de soutenir les hutu dans ce qui était une révolution qui a vu la monarchie expulsée du pays avec son aristocratie, sa violence, son système des privilèges et ses zébus.

Pour se replacer dans le contexte, il est important de souligner que lorsque le roi tutsi devait se lever de son trône, ce n'était jamais sans enfoncer sa lance dans le torse d'un hutu. Et cette église a participé à cette ignominie pendant longtemps.

L'association de l'Église avec les princes de ce monde n'est clairement pas à remettre en question.

La dérive monarchique en RDC aujourd'hui, avec les successions héréditaires dans le régime comme dans l'opposition, l'appropriation des biens de l'État par une bande dans une majorité hétéroclite à la fois médiocratique et particratique, la répartition des privilèges par un népotisme de marécage, est à la fois un atavisme institutionnel hérité d'un modèle colonial et le fait d'un groupe des nostalgiques déterminés rétablir cet ordre colonial.

Et l'Église, dans cet ordre colonial, aurait la place qu'elle a en Belgique, où elle est une institution de l'État. Avec le primat de Belgique, Archevêque de Malines, comme deuxième personnalité du pays après le roi dans le protocole d'État. Avant les présidents de deux chambres du parlement...

La préférence que ces principautés affichent pour l'aristocratie tutsi du Rwanda est l'indication d'une démarche plus idéologique qu'utilitaire, pécuniaire, pour asseoir un schéma de domination qu'ils utilisent depuis l'épopée coloniale. Et même bien avant cela. L'indirect ruling.

Cela va bien au-delà de la RDC.

Dans des pays comme le Nigeria, en proie aujourd'hui à des violences terroristes, c'est en réalité de la résurgence de ce schéma de vassalisation qu'il est question.

La terreur qui est utilisée dans ce pays et dans les pays de la région est en fait le fait des puissances monarchiques, essentiellement britannique, saoudienne et qatari, qui ont voué une guerre sainte contre les modèles républicains, démocratiques, voire révolutionnaires que les pays africains ont unanimement embrassés après une expérience des colonisations déshumanisantes.

Il est intéressant d'observer que dans le cas du Nigeria, comme au Rwanda, il existe une fracture féodale entre le nord affranchi des émirats musulmans et le sud christianisé et asservi.

Pour les pays de l'ouest du continent et du nord de manière générale, il n'est d'ailleurs pas un mystère que ce qui est recherché par l'internationale terroriste, c'est précisément « la restauration du Califat »...

Il serait naïf de croire que ce super-émirat ne serait pas l'objet des attentions des puissances monarchiques comme l'Arabie saoudite. Même si elles se gardent toutefois d'afficher leurs prétentions à un tel Califat au risque de subir les oppositions provenant des factions diverses et variées du monde musulman.

Tandis que le fanatisme s'active dans le mode musulman pour un empire religieux, il serait tout aussi naïf de croire que l'Église serait en reste.

Celle-là même qui a décrété, des décennies avant son arrivée au Kongo en 1482, l'esclavage du kongoïde et sa déportation vers le Brésil et les autres parties de l'Amérique. Après sa christianisation préalable...

Une mission prophétique pour quelle prophétie ? Briser la bulle...

Le 8 janvier 1454, le Pape Nicholas V déclarait dans sa bulle papale:


Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse du Portugal, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle...

Si l'Église catholique affirme avoir une mission prophétique pour le Kongo, quelle est la prophétie ? Romanus Pontifex, 8 janvier 1454: Servitude perpétuelle.

Le plan de l'Église catholique pour le Kongo n'a pas été seulement une vassalisation, mais une servitude perpétuelle. Nous soulignons.

Il n'est pas aisé de se rendre compte de la situation de servitude dans laquelle se trouve le Kongo jusqu'à ce jour à cause sans doute de l'illusion des indépendances. Les meilleurs esclaves sont effectivement ceux qui se croient libres.

Il faut sortir des limites du continent et se rendre dans la diaspora pour prendre la vraie mesure de l'état de servitude du kongoïde en particulier. Au Brésil, dans les Caraïbes, en Amérique de manière générale, le kongoïde, comparé aux autres communautés qui l'entourent, est enchaîné. L'état de misère commun aux deux groupes révèle la situation de servitude dans laquelle sont maintenus les kongoïdes restés sur le continent.

Plus près de nous, en Éthiopie, une autre différentiation révélatrice peut aussi être faite. De tous les pays africains, l'Éthiopie est le seul à n'avoir jamais été colonisé ni dominé par une quelconque puissance. Il se trouve que ce pays pratique un modèle de Christianisme qui lui est propre. De fait, le Christianisme éthiopien précède celui de Rome dans l'antiquité. Il est intéressant de noter que la seule fois où le pays a failli basculer dans l'abîme, c'est lorsqu'un de ses souverains s'est fait baptiser par...l'Église catholique romaine. Avant que son successeur ne se ressaisisse pour restaurer l'Église orthodoxe d'Éthiopie et chasser les jésuites qui avaient réussi à infiltrer le royaume.

Au Kongo, avec le baptême de Nzinga Nkuvu le 3 mai 1491, la suite pour le kongoïde, où qu'il soit dans le monde, on la connaît...

Christianisme et servitude ? Le ver était dans le fruit...

On peut être choqué à l'idée que le Christianisme peut être associé à une entreprise de vassalisation ou carrément d'esclavage.

La vérité est que le christianisme d'Occident n'a rien à voir avec l'idéal de vérité et de liberté que représente Christ. C'est une religion qui s'inscrit dans une logique systématique d'inversion des enseignements de Christ.


16 «Eternel, maître de l’univers, Dieu d'Israël, toi qui sièges entre les chérubins, c'est toi qui es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c'est toi qui as fait le ciel et la terre. Ésaïe 37:16. SG21. 8 Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. 9 Et n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Matthieu 23:9 LSG.

L'Occident caucasoïde, héritier de l'empire romain d'occident et sa civilisation dite judéo-chrétienne, sont une affaire de l'apôtre Paul, lui-même agent par excellence de cet empire qui n'avait pas lésiné sur les moyens dans sa tentative d'extermination des disciples de Christ. Un empire qui n'avait d'autres vocations que soumettre l'ensemble de la planète.

De fait, la servitude dans les écritures dites saintes a été codifiée par cet apôtre autoproclamé dans ses lettres à Timothée (1 Timothée 6:2).

C'est aussi de cet apôtre que toutes les contradictions de l'Église partent. De l'esclavage à l'apartheid, en passant par des homicides et des scandales récurrents depuis la fondation du mouvement (1 Corinthiens 5:1-5).

Tous ces crimes sont commis au nom de Jésus Christ par de fervents chrétiens.

Sans doute ceux de Matthieu 7:23.

Bukoko Ikoki,

Citoyen ordinaire.













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As of Christ, we do not accuse. Neither do we judge, nor condemn. We do not stone. We do not curse. We bless our enemies and persecutors. While we let the dead bury their own dead, as we pick up our Cross, we revive our loved ones from lethal errors.


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